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Commentaire de Morpheus

sur Soumission à l'autorité : du pain béni pour les Empereurs


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Morpheus Morpheus 7 mars 2013 12:32

Bon article.

J’invite Loup Rebel à prolonger l’analyse du comportement humain et à disséquer ce que l’on appelle - dans une expression fourre-tout largement détournée (encore un « concept piège de la pensée ») - la « nature humaine ».

Personnellement, c’est une expression que j’ai bannie de mon langage courant (sauf pour la dénoncer, évidemment), tant on lui faire dire tout et son contraire. Et surtout parce qu’elle empêche de penser l’homme...

Pourtant, comprendre les réactions et les attitudes humaines est assez simple. L’être humain, comme l’ensemble des autres formes de vie, répond à une programmation élémentaire : survivre et s’adapter. Évidemment, dans la nature, survivre et s’adapter amène à développer des comportements qui contribuent à développer, avec les autres espèces, une symbiose, un équilibre. Mais l’homme ne vit pas (ne vit plus, pardon) dans la nature : il vit dans la cité. Il est CIVILISE. Et que se passe-t-il dans la cité ? L’environnement se transforme et devient un ENVIRONNEMENT SOCIOCULTUREL. Dans cet environnement, le programme basique reste toujours de mise, bien entendu : survivre et s’adapter. Dès lors, les humains s’adaptent et développent des attitudes et des comportements qui leur permettent de survivre et - si possible - de se développer dans le dit environnement.

Ainsi, dans une société où règne le manque (la pénurie - il n’y en a pas assez pour tous), la compétition, la violence (sociale, morale, psychique, physique), la méfiance, la hiérarchie, le chacun pour sa gueule, l’homme développe-t-il, par mimétisme, pareils comportements.

Ces comportements anxiogènes ne sont pas innés, ils sont acquis : ils résultent du phénomène d’adaptation. Ceci n’a rien de nouveau : Darwin l’avait déjà bien expliqué.

Il n’y a donc pas de fatalité. La difficulté vient lorsque, une fois la prise de conscience faite, l’on s’attèle à vouloir changer cela : cela revient à changer un programme de conditionnement. Se déconditionné, tout en demeurant dans un environnement qui continue à conditionner selon le programme que l’on cherche à changer, c’est une gageure. C’est le mythe de Sisyphe. Un éternel recommencement.

Conclusion : il faut agir dans deux directions : l’une pour SE déconditionner (et c’est pas facile), l’autre pour modifier l’environnement socioculturel (changer les croyances) et c’est encore moins évident.

Y a du boulot !

Cordialement,
Morpheus
 smiley


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