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Commentaire de Laurent Simon

sur Les lois économiques sont têtues


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Laurent Simon 27 avril 2013 16:43

@ Laulau : "L’origine du problème est dans la délocalisation des productions industrielles dans des pays plus ou moins esclavagistes. La recherche du profit maximum a créé un déséquilibre des balances commerciales.« 

Non, l’origine n’est pas dans la délocalisation.
1. L’erreur fondamentale est de chercher une cause unique, alors que l’économie ne fonctionne pas comme cela (c’est au contraire tout un ensemble causes et de conséquences. Il faut chercher des solutions du côté d’approches systémiques, comme l’auteur de cet article.
2. Et de toute façon les délocalisations ont du bon, c’est une des raisons du succès des constructeurs d’automobiles allemands (car il y a eu toute une réflexion intelligente de la part des dirigeants de ces constructeurs, pour augmenter les marges, avec volonté cependant de garder une part significative de l’emploi en Allemagne !

Voir par exemple l’article :  »Redressement productif" en France et en Europe...Halte à la démagogie, vive les délocalisations !

dont voici quelques extraits : ... notre article et ce titre provocateur visent ... «  toutes les démarches apparemment »de bon sens" qui cherchent à garder coûte que coûte ce qui existe à un instant donné en France, ou en Europe (ou aux États-Unis, bien sûr), quelles que soient les conditions, même si des changements objectifs existent, associés notamment à l’émergence de pays ’en développement’.

Démarches qui débouchent sur du protectionnisme plus ou moins déguisé, alors que l’histoire a montré l’effet désastreux de ces replis sur soi, très compréhensibles intellectuellement, mais catastrophiques pour l’économie."

Notre titre provocateur vise aussi les actions s’opposant à des investissements de productivité, qui dans un premier temps se traduisent souvent par des réductions d’emploi, mais qui à terme se révèlent très positives, y compris en matière d’emploi : les démarchent de productivité supposent aussi des créations d’emplois, en nombre encore plus élevés, et de niveau de qualification supérieur ; ce qui a permis des progrès dans de très nombreux domaines, comme les conditions de travail, mais aussi les conditions de vie.

Comment d’ailleurs ne pas penser à la révolte des canuts, qui à Lyon s’opposèrent à l’installation de nouvelles machines à tisser inventées par Jacquard, par peur de perdre leur emploi. Si leur raisonnement avait été juste, le chômage dans nos pays industriels n’aurait pas été de 10% récemment, mais de 50 ou 80% ! Et le plein emploi, constaté en de nombreux pays occidentaux avant ces crises majeures (2007 - 2012), n’aurait par exemple pas été possible. ...

Il convient tout d’abord de donner des informations dont personne ne parle, qu’aucun média ne développe : une des recettes de l’industrie allemande (et notamment automobile) a été de recourir à des délocalisations massives en matière de production de pièces, notamment dans les pays de l’ancienne Europe de l’Est [3] (ou dans les Länders de l’est, suite à la réunification, là où le chômage était important alors que les personnels disposaient de formation appropriée).

Ces délocalisations massives, en des lieux où le coût du travail était faible, a permis de baisser considérablement le prix de revient des produits finis, tout en conservant l’assemblage en Allemagne ou dans des pays de la zone euro à coût élevé. Ce qui fait que l’Allemagne apparaît comme exemplaire, dans tous les pays comme la France où le chômage reste massif.

... Bien sûr, il ne s’agit pas pour nous de négliger les autres facteurs de succès en Allemagne :...

Tout ceci ne veut pas dire que je me réjouisse de ce qu’il y ait autant de délocalisation. Car en France on fait pas cela de façon aussi intelligente qu’en Allemagne, et aussi, et surtout, il faudrait commencer par faire baisser le coût du travail, en particulier par une baisse des charges sociales, bien plus importantes en France qu’ailleurs (via un processus de TVA sociale notamment).


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