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Commentaire de Fanny

sur Enseignants : « Nous n'en pouvons plus ! »


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Fanny 5 mai 2013 22:56

Après avoir lu l’article et les commentaires, je propose quelques remarques.

Notre avenir se joue sur l’éducation de nos enfants. Banal mais vrai. Le cri d’alarme exprimé par l’article n’est pas anodin.

Notre système économique ne requiert qu’une élite limitée en nombre : chercheurs, ingénieurs de haut niveau, inventeurs, entrepreneurs … Plus une cléricature également de haut niveau et tout aussi limitée en nombre : experts comptables, administrateurs, négociateurs, grands managers, politiques … Les lycées de l’élite et les grandes écoles fournissent ces personnels en quantité suffisante.

Que le dispositif éducatif s’effondre par ailleurs, « formant » une masse de consommateurs à moitié alphabétisés, ne menace pas notre système économique, du moins à court terme. L’élite s’en fiche, car le consommateur doit juste atteindre le niveau lui permettant de comprendre les publicités, et travailler (enfin) dans des emplois subalternes sans se révolter. Et si, à plus long terme, l’économie du pays risque de s’effondrer du fait d’un faible niveau moyen d’éducation (risque en cours de réalisation), notre élite mondialisée en souffrira moins que la masse (on pourrait écrire le peuple au lieu de masse, mais la presse de l’élite reproche à ce mot son côté « populiste »). Après avoir fait HEC … , les enfants de l’élite iront travailler à Taïwan, à Zürich ou ailleurs. 

Notre société est très dure pour les enfants. Sollicités de tous côtés par le principe du plaisir, plutôt que celui du devoir ou de l’ambition encadrée, immergés dans la vie virtuelle des écrans jusqu’à en être saturés, ils ne parviennent plus à se concentrer. Constat terrifiant. Curieusement, notre élite si pointilleuse sur les questions de santé publique (pollution, nourriture …) paraît s’en moquer. Bizarre, sauf si l’on admet que l’élite ne s’intéresse qu’au sort de ses propres enfants qu’elle parvient tant bien que mal à protéger de ces mondes artificiels et virtuels, à protéger de la fausse école de la consommation.

Pour autant, l’image des professeurs confrontés à ces réalités tragiques est mauvaise. C’est injuste mais ils y mettent du leur. Pris individuellement, les enseignants font plutôt bonne impression. Mais au collectif, cette corporation des enseignants est épouvantable. Imperméable à la critique, dotée de syndicats impossibles pour ne pas dire plus, éructant sur les forums des commentaires insultants bourrés de fautes d’orthographe à l’adresse des critiqueurs les plus radicaux, mesquine et conservatrice au quotidien (relations certifiés/agrégés), en grève à la moindre réforme, quelle qu’elle soit, incapable de comprendre qu’il faut des changements radicaux aux plans idéologique, organisationnel (EducNat) et personnel si l’on veut que les élèves ne continuent pas de sombrer. Les enseignants devraient hurler que le bateau coule avec les enfants à bord. Ils se contentent de gémir sur leur sort, de réclamer plus de moyens alors que le problème est ailleurs. Affligeant. Tout comme l’élite, les enseignants s’intéressent d’abord à leurs propres enfants, et c’est bien naturel, qu’ils parviennent à faire intégrer dans les grandes écoles en nombre. Mince consolation.

Une note positive cependant. Une de mes amies, professeur agrégé de lettres modernes, a commencé sa carrière à Sarcelles, pour la poursuivre à Montrouge. Elle adore son métier où elle se sent à l’aise. Comme quoi … 


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