(...)c’est pour la langue anglaise que je me fais des inquiétudes(...)
Vous avez raison.
Il est fréquent d’entendre que « l’anglais a gagné ». Cette affirmation est ridicule et prouve que son auteur n’a pas réfléchi une seconde avant de parler. Ce qui est très souvent le cas en matières de langues.
Il existe en effet plus d’une cinquantaine de N.N.V.E. dans le monde (Non natives varieties of English). La N.N.V.E. est une discipline linguistique à part entière.
La créolisation de l’anglais est déjà bien avancée. Et qui s’en offusque ? Quasiment personne, car au fond tout le monde s’en fout, ou presque. La proportion de Britanniques conscients de cet état de fait est pourtant bien réelle, mais encore faible. Quant à ce qu’en pensent les Français... ? N’insistons pas.
Pour ce qui concerne les autres langues, le français inclus, l’entreprise de provincialisation est déjà bien avancée, même si certains prendront un malin plaisir à affirmer le contraire. La loi Fioraso étant par son article 2 dans la continuité d’une Loi Toubon jamais appliquée, hélas, pour plusieurs raisons que j’exposerai prochainement dans un article en préparation.
Je suppose donc, et l’espère pour vous, que vous nourrissez les mêmes inquiétudes pour le français. Une preuve que vous compteriez au nombre de ceux qui sont conscients d’un vrai problème. Un problème nié, même par une majorité de gens qui se sont exprimés sur cette loi, n’en reste pas moins un problème.
Claude Hagège, Michel Serres, Erik Orsenna, Antoine Compagnon, Albert Salon, etc. ont évidemment un raisonnement qui n’est pas à courte vue. Ils anticipent, eux. Parce qu’en matière de langues, il faut toujours regarder un peu plus loin que le bout de son nez. Voilà pourquoi ils s’opposent à cet article 2 de la loi Fioraso.
@ l’auteur,
J’attends la seconde partie de votre article pour m’exprimer ; votre exposé pour le moment étant factuel. Mais vous avez déjà une idée de ma position.