COGNEZ, VOUS ÊTES FILMÉS !
Le dernier rapport 2006 de la CNDS (Commission nationale de déontologie de la sécurité) stipule que les contrôles arbitraires au faciès, le menottage quasisystématique, les gardes à vue irrégulières et la banalisation des fouilles à corps font que les bavures policières sont en constante progression depuis 2001.
Un exemple parmi tant d’autres : le 23 octobre 2006, quatre jeunes Lillois se baladant dans une galerie marchande ont eu le tort de croiser le regard d’une patrouille de CRS en maraude. Contrôle et... ça dérape. D’après le PV, il s’agirait d’une émeute... Une vingtaine de jeunes, la bleusaille débordée, insultes, coups... La routine, quoi ! Mais le jour du procès, le juge prononce la relaxe des 4 jeunes : après un mois et demi de détention préventive, tout de même, 3 ont perdu leur boulot. Il demande une enquête interne côté police. Science-fiction ? Magistrat gauchiste ?
En réalité, les caméras de surveillance ont montré un tout autre scénario. En fait d’émeute, on voit Hocine au sol avec deux CRS sur le râble et les 3 autres parlementant avec le reste de la troupe. Aucune violence, mise à part celle des condés. Aucune bande d’excités essayant de délivrer leurs potes.
Le plus drôle, c’est que les représentants de l’ordre avaient visionné la cassette avant de la verser au dossier, sûrs de leur impunité. Il est vrai que la justice leur donne rarement tort.
2) Autre lieu, autre époque (novembre 2005), autre scénario. À Evreux, grâce à des films où l’on ne reconnaît personne, les flics qui tenaient les caméras ont quand même réussi, parmi les 200 émeutiers, à identifier quelques lascars. Pour 8 jeunes du quartier de la Madeleine, ce 29 novembre 2006, les peines tombent : de 5 ans à 18 mois ferme. En guise de bénédiction, le proc’ a lancé : « Un message doit être adressé à la population, qui aspire à la tranquillité. »
Les parents de la Madeleine n’ont plus qu’à faire la queue au parloir. En toute tranquillité.