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Commentaire de L’Ankou

sur L'architecte de la création


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L’Ankou 26 septembre 2013 18:17

Merci Mpag ! Sincèrement !

Il faut descendre bien loin dans les commentaire pour en lire un qui ne soit pas pourri d’invectives et qui, même si l’on n’en partage pas toutes les nuances, recèle des idées intéressantes et pas hors sujet.

Que la vie et sa transmission soient « un véritable miracle », il n’y à guère à s’en extasier puisque les chiens, les rats, les cafards et les cloportes l’ont et la transmettent aussi. Disons que c’est un fait et qu’il est difficcile de le nier. La vie existe quelque part dans notre univers et, ça tombe bien, c’est chez nous ! Cela dit, la coïncidence n’étonne que les sots : là où elle n’existe pas, il n’y a, par définition, personne pour en souffrir, s’en offusquer et le déplorer.

Que nous soyons maîtres de notre destin et prisonniers de notre condition, c’est un débat d’une densité incommensurable difficile à mener ici. Mais prise comme la définition d’une responsabilité de l’homme qui n’a pas à faire intervenir de dieu, cette affirmation me semble pleine de bon sens et aller judicieusement dans un sens que Deneb ne saurait démentir, non plus que moi.

J’ai du mal à savoir, à propos de l’homme responsable de viol et d’appropriation, si c’est du monde ou de dieu(x) qu’il s’agit . Je souscris cependant à ceci que le nom des dieux et leur cultes sont effectivement, de longue date, des outils de domination et d’inféodation de l’Homme sur l’Homme, et les chaînes de sa pire servitude. Que les dieux s’en offusquent m’indiffèrent d’autant plus qu’ils n’en manifestent pas grand chose. De même, je ne pousse pas la personnification de la Terre ou de la Nature jusqu’à lui prêter des sentiments d’injustice, un ressenti d’agression, et des velléités vindicatives, par lesquelles elle se paierait d’un manque de respect en infligeant en retour à ses agresseurs des calamités, des catacysmes variés et du réchauffement climatique. Même pour expliquer l’écologie aux gamins et aux simples d’esprit, il y a des moyens plus judicieux que cette personification moralisante aux liens de causalités douteux.

Je suis ébahi comme vous quand je contemple un ciel nocturne, et les mêmes statistiques vertigineuses (astronomiques, disons le mot !) me viennent à l’esprit. Je ne ressens pourtant pas l’obligation d’abriter mon vertige derrière un dieu créateur, au travail démiurgique duquel il faudrait compatir et l’en remercier.

Vient ensuite la phrase par laquelle votre intervention surpasse en intérêt la plupart de celles qui précèdent : « C’est bien dans la guerre, l’adversité, la peur que nous nous sommes construit elles sont bien plus utiles à l’être humain qu’un hypothétiques bien être universel conditionné par DIEU »

Je ne reconnais pas la guerre pour ses bienfaits ni n’accorde aucune vertu rédemptrice à la souffrance. Mais je suis d’accord avec vous : l’Homme s’est probablement construit homme en relevant les défis de l’adversité, en tirant le meilleur profit de ses talents, et en assumant au mieux ses défauts et ses tares.

Je tiens la propension de l’homme à chercher un sens caché à toute chose pour le plus marquant de ses talents et la plus grave de ses tares.

C’est un talent, probablement hérité de sa volonté d’identifier les sons et les traces du gibier paléolithique. Un talent, puisque cela pousse à la curiosité, au savoir, à la science, à l’expérimentation, au partage d’explications, à la mise en commun des techniques et des inventions... Appliqué à ce qui peut avoir du sens, ce talent permet bien d’en trouver et de faire de l’homme l’espèce dominante (et s’il est assez sage, bientôt gestionnaire) de sa planète.
 
Et c’est à l’évidence une tare, tout autant, en ce que ce talent, mal maîtrisé, s’applique tout ausi bien à ce qui n’a pas de sens, pour en trouver de force, à tout prrix. Il forge alors des convictions, des croyances, s’avère propices aux mythes, incline aux superstitions, aux délires les plus mystiques, aux paranoïas complotistes, aux hoax, aux escroqueries, à une révérence servile à des théories absurdes, aux religions.

Ceci étant, je veux bien que vous opposiez les peurs et les adversités à une intervention divine, comme élément central de la construction de l’homme, mais je n’irai pas jusqu’à écarter comme vous le faites « un hypothétiques bien être universel », qui serait nécessairement lié à cette croyance diviniste. Il me semble au contraire que le fait de collaborer à un bien être universel, immédiat ou différé, est un des moteurs fondamentaux de notre évolution en tant qu’espèce comme en tant que cultures et civilisations (j’insiste sur les pluriels). Je lie d’autant moins cet idéal à l’existence d’un dieu que, celà n’aura échappé à personne, la plupart des religions vous inventent des arrières-mondes lointains dont vous mériteriez l’accès par vos souffrances en ce (bas) monde. Oeuvrer au bonheur terrestre, ici et maintenant, n’est évidemment pas le propos de ces religions férues de promesses dans l’au-delà, l’autre monde, l’autre vie.

La mort fait partie, comme l’infini, de ces choses dont on cherche le sens en vain, sens que l’on ne trouve souvent qu’à son détriment et pour le plus grand profit des gourous.

J’espère n’avoir pas dénaturé votre prise de position en la nuançant de sorte que je puisse être d’accord avec...

Bien à vous,
L’ankoù

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