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Commentaire de Gemini

sur Après le coût du travail, voici la liberté du travail…


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Gemini Gemini 16 octobre 2013 22:12

Je me permets donc de vous arrêter : que son entreprise prospère ou non, ça ne change pas grand chose pour le salarié.

Si elle prospère, il aura juste besoin de ne pas chercher un nouvel emploi tout de suite. Mais pour le reste, rien ne changera. Il sera toujours aussi mal payé, et ne bénéficiera aucunement de cette prospérité. Nous voyons même des entreprises licencier alors qu’elles sont très prospères  ; les multinationales sont expertes dans ce domaine. Bref, autant dire que rapidement, la frustration générée par ce sentiment de spoliation fera que le salarié cherchera un nouvel emploi.

Un exemple amusant vécu il y a quelques années chez un précédent employeur : celui-ci bénéficiaire depuis de nombreuses années, annonce à l’année N, que certes, il y a de gros bénéfices, mais, comprenez-vous, ce n’est pas le bon moment pour les augmentations. Mais, promis, l’année prochaine, il y en aura. Bien entendu, je vous laisse deviner ce qu’il en a été l’année suivante. Les profits étaient toujours au rendez-vous, mais pour la redistribution à ceux qui les avaient générés …

Si l’entreprise décline, et bien, il fera comme il l’aurait probablement fait à force de ne jamais être augmenté : il cherchera un nouveau travail. C’est aujourd’hui le seul moyen de gagner plus, et encore, pas de partout, seulement dans les domaines où il n’y a encore un rapport de force pas totalement défavorable aux salariés.

Au final, s’il est vrai qu’une entreprise prospère reste préférable, dans la mesure où cela permet au moins de rechercher un nouveau travail plus sereinement sans être obligé d’accepter n’importe quoi. Mais c’est bien le seul avantage que je vois.

Si je résume, ça donne : que l’entreprise prospère ou pas, en tant que salarié, je m’en moque comme d’une guigne. Je n’en profitera pas si elle prospère. Je sais que rapidement, j’aurais de toutes les façons à chercher, encore une fois, un nouvel emploi. La prospérité me permettra cependant une recherche plus sereine.

Pour terminer, vous parlez dans votre message de « laborophobie ». Ça me semble une conclusion fort hâtive. Prenons mon cas : je ne suis pas contre le travail, mais pour un travail utile et rémunéré à la hauteur de la richesse générée. Le problème actuel est que la richesse générée par notre labeur est extorquée et captée par tout un ensemble de sangsue, qu’ils soient patrons, actionnaires ou financiers. Nous produisons deux fois toujours plus de richesses chaque année, mais étrangement, nous sommes de moins en moins riches. Qui capte tout ce surplus alors ? Cette spoliation est proprement insupportable et à mon sens, explique en grande partie cet « laborophobie » que vous pensez pressentir. Je la nommerai plutôt « spoliaphobie ». Pourquoi s’échiner à travailler dur quand on sait que la richesse créée sera captée par un autre ?


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