Je reconnais des limites très... limitées. Ce sont des exceptions habituelles dans la défense d’une version maximaliste de la liberté d’expression. Certains ne les admettent pas, avec des arguments parfois convaincants.
Ces exceptions sont tellement circonscrites et peu nombreuses que je me suis senti autorisé à parler de « liberté d’expression totale », ce qui n’est pas tout à fait exact, j’en conviens. Mais « Pour une liberté d’expression totale à part les cas de faux témoignages et des appels à commettre des actes de violence sur autrui... et une critique lucide de Dieudonné » aurait fait un titre un peu long.
Vous affirmez carrément que je veux « décriminaliser le racisme ». C’est une accusation profondément malhonnête mais je sais que les partisans d’une limitation de la liberté d’expression ont l’habitude de recourir à ce type de procédé pour plaider en faveur de la censure et de la répression.
Je suis pour décriminaliser les paroles et les opinions, pas les actes. Comment établir un lien certain entre une parole et un acte ? Peut-on toujours établir la responsabilité de « celui qui parle » face aux actes de « celui qui fait » ?
Pourquoi considérer les citoyens avec paternalisme, comme des individus crédules et prêts à suivre le premier néo-nazi venu ? C’est profondément infantilisant, voire méprisant.
Les idées et opinions « dangereuses » seront réfutées puisque la liberté d’expression s’applique évidemment aux arguments contraires ; la très grande majorité des gens se détournent déjà spontanément de ce qui peut mener à la violence et au crime. Il faut faire confiance au libre jeu du débat et de la raison, quel que soit le sujet. Je décris là une société adulte et éclairée.
Vous pensez vraiment qu’il est utile pour la société d’envoyer en prison ou de sanctionner par d’autres moyens une personne qui tient des propos racistes (en supposant que l’on puisse clairement établir cela) ? Vous pensez que c’est ainsi que l’on fait diminuer le degré de racisme ? Moi je pense qu’il faut plutôt se tourner vers des mesures sociales et économiques.
Vous ne parvenez pas à imaginer ce que serait une société dans laquelle la liberté d’expression serait totale, voilà le problème. Vous avez une conception tragique et pessimiste de la nature humaine, ce qui vous conduit à considérer qu’une telle liberté ne pourrait produire que chaos et violence.