Voir Bourdieu et Passeron pour commencer.
Certains ont donc décrété (peut-être de bonne fois à l’origine) qu’il existait
une « culture bourgeoise » à laquelle les enfants (et leurs parents, de
fait) de milieux modestes n’avaient pas accès. Ils ont donc décidé, sinon de la
supprimer, de la marginaliser et de mettre cette soi-disant "culture
bourgeoise" à égalité avec par exemple un article d’un vulgaire canard
local, une affiche de pub ou plus récemment une chanson de rap ou un sketch de
Gadelmaleh.
Persuadés d’être investis d’une mission, ils n’eurent de cesse de vouloir désaliéner le pauvre con issu du
bas-peuple et l’empêcher de s’imprégner des préjugés de la bourgeoisie
dominante contenus dans toute cette culture classique fâââââaaaaascisannnnnte.
Au lieu d’élever (au sens d’« augmenter ») ces enfants, « on »
a considéré -pour faire court- que ce n’était qu’une belle bande d’abrutis et
que tout ça n’était pas pour eux.
Bref, 40 ans après, le résultat est là :
Le mépris pour la
« culture » est total (même chez certains profs), le relativisme
culturel règne en maître (alors que le maître ne règne plus et qu’on lui crache
à la gueule, même dans le cas où c’est un bon démago « entre les murs »...),
l’intelligence critique a été enterrée et bien sûr les inégalités de classes
concernant le « capital culturel » sont toujours là.
Les gosses de pauvres, toujours
« aliénés », font toujours (sauf échappées au prix d’un travail
personnel très dur et parfois tardif)
des boulots de grouillots, sont, en prime, parfaitement dépolitisés
donc bien dociles et le « grand capital » ne s’est jamais aussi
« bien » (ou plutôt « mal » comme de coutume) tenu.
Et puis forcément, de
l’autre côté du voile, les meilleurs « endroits » où l’on n’applique pas certaines « méthodes », les cours privés du soir, et ensuite le carnet
d’adresses de papa, le copinage, la cooptation pour permettre au fiston et à la fifille bien nés d’obtenir
les meilleures places...
Enfin, croyez bien que si ces crevards commençaient à
gigoter un peu, si l’envie leur prenait de sortir de leur léthargie (on se
demande bien comment cependant), on mettrait
le H en vente libre et puis... l’euthanasie
pour les chômeurs si ça ne suffisait pas.