Courte remarque : concernant l’emploi de « primitif » pour des
sociétés qui auraient généré spontanément le concept d’infini : si vous vous
référez à leurs modes de pensée, paradigmes, etc… aucune raison de leur
attribuer le caractère de « primitif » : qu’au point de vue du
développement technique/scientifique, ils apparaissent primitifs en comparaison
de nos sociétés : certes mais au niveau de leurs représentations du monde, elles
sont tout aussi élaborées que les nôtres : les religions historiques
« théistes » ne sont pas des évolutions de formes plus primitives que
seraient l’animisme, shamanisme, etc… et autres systèmes cosmologiques et
représentations a-théistes antérieurs ou contemporains.
Second point : plutôt que de concept d’infini (qui se rapporte aux concepts
de distance, dimension, temps, etc…ergo rapport au temps et à l’espace) : dans
le cas de ces sociétés supposément « primitives » : c’est bien plus de concept
de NON-fini qu’il faudrait employer : à savoir l’absence de « limites »
et non celles de « distances » : i.e. : absence de « limites »
entre vie et non-vie, matériel et immatériel, entre passé, présent et futur, morts
et vivants, etc… tous ces éléments formant un ensemble continu que ce soit dans
le temps, l’espace ou au niveau spirituel/mental, etc… l’infini ici a donc une
acception différente de celle mathématique/physique qu’on lui prête dans
notre paradigme.
Enfin, merci d’avoir évoqué Boltzmann et ces « cerveaux » , il me
semble que cette approche pourrait permettre par exemple d’évoquer/aborder panpsychisme
(ou panprotopsychisme) ou panexperiméntalisme sur la base de discours
scientifiquement fondés/énoncés sans connaître de censure et rejet immédiats de
la part des inquisiteurs scientistes et naturalistes. Et conséquemment, de
pouvoir envisager une approche pluraliste concernant conscience, information,
évolution, etc… non limitée aux théories et dogmes strictement « naturalisme-compatibles »,
et éviter ainsi de limiter caricaturalement l’étude de ces questions comme
relevant simplement d’une enième confrontation naturalisme/supernaturalisme.