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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Cosmologie : comment raisonner l’inimaginable ?

Cosmologie : comment raisonner l’inimaginable ?

En cosmologie, lorsque l'observation ne fournit pas d'éléments suffisants pour construire des hypothèses vérifiables concernant des évènements du cosmos, que peuvent faire les scientifiques ? Ils peuvent élaborer des hypothèses momentanément ou définitivement invérifiables. Mais comment ces hypothèses pourront-elles être distinguées de construction purement imaginaires, qu'elles soient d'inspiration mythologique (religieuse) ou romanesque (science-fiction) ?

Au 19e et 20e siècle, le terme de métaphysique avait été utilisé. Ce mot peut avoir plusieurs sens. Dans le domaine scientifique, on peut considérer qu'il désigne ce qui est (méta) au delà de la physique, autrement dit de la science. Mais aujourd'hui les acceptions en sont si nombreuses que le terme de métaphysique est généralement évité par les scientifiques. Il inclut en effet des questions telles que l'immortalité de l'âme, l'existence de Dieu, le sens de la vie, l'origine du mal ou l'étude de l'Etre (ontologie). Il s'agit généralement d'hypothèses spiritualistes ne pouvant être discutées par une science se voulant matérialiste (ou naturaliste, selon le terme anglais).

De nos jours, l'on préfère faire appel à la philosophie. Il ne s'agira pas de philosophie des sciences, laquelle étudie les fondements et les implications de la science, mais de philosophie scientifique. Celle-ci s'efforce de porter un regard critique sur les hypothèses scientifiques – ceci quels que soient les domaines scientifiques impliqués, biologie, physique, cosmologie. Il ne s'agit évidemment pas de les évaluer, mais lorsque la chose est possible, de les confronter dans la perspective d'une rationalité plus générale. Si l'on considère que l'appel à la raison est, au moins depuis l'Antiquité Grecque, une caractéristique de la pensée matérialiste, il ne faut hésiter à y avoir recours, même dans les domaines où les hypothèses formulées paraissent défier le bon sens, c'est-à-dire se situer en dehors de toute rationalité telle que nous la concevons généralement.

Cette philosophie scientifique intéresse en premier lieu les scientifiques eux-mêmes, quand ils s'interrogent sur les sens susceptibles d'être donnés aux résultats de leurs recherches. Beaucoup certes ne le font pas, soit pour éviter de s'égarer, soit parce que la démarche ne leur serait d'aucun intérêt en vue de leur promotion professionnelle, soit simplement par manque de temps. En mécanique quantique, par exemple, le mot d'ordre généralement admis dans les laboratoires est « Calcule et tais-toi ». Autrement dit, ne perds pas ton temps à discuter la validité des différentes « interprétations » données aux concept de cette physique, superposition d'état, intrication, non localité, etc.

Mais certains le font cependant. D'une part parce que le cerveau humain paraît avoir été formé par l'évolution pour envisager ce qu'il peut y avoir au delà des informations reçues par les sens. D'autre part parce que dans nos sociétés imprégnées de culture scientifique, ces concepts sont couramment manipulés par les média, qui ne cessent d'interroger les scientifiques à leur sujet. Ne pas répondre entrainerait le risque de relancer des discussions inspirées de religiosité et de science-fiction, ou plus simplement génératrices de contre-sens scientifiques dangereux.

La collaboration avec des philosophes

Dans ce cas, les scientifiques entrant dans ces débats ont intérêt à collaborer avec des philosophes s'inspirant des pratiques de ce que l'on nomme, au sein de la philosophie scientifique, la philosophie critique. On en attribue généralement la paternité à Kant. Le terme, opposé à celui de dogmatisme, désigne une réflexion systématique sur les conditions et conséquences des concepts, théories et pratiques correspondant à l'état de la science à un moment donné au sein d'une discipline donnée. Bien entendu, les scientifiques eux-mêmes peuvent et doivent se livrer à cet exercice, mais l'intervention de ce que l'on pourrait appeler des philosophes professionnels, rompus à cette démarche, ne pourra que donner de bons résultats.

C'est ce que vise actuellement à réaliser, dans le domaine de la cosmologie, un groupe d'étude récemment créé à Oxford sous le nom de Philosophy of Cosmology Il réunit des cosmologistes et des philosophes critiques s'intéressant aux innombrables points d'interrogation soulevés par cette science. Un tel travail doit reposer sur une très bonne connaissance de l'histoire des concepts et hypothèses de la cosmologie, sinon depuis Lucrèce, du moins depuis la fin du 19e siècle jusqu'au découvertes les plus récentes, celles apportées par la physique quantique ou, dans un domaine voisin, les recherches sur les hautes énergies (censées caractériser les états primordiaux de l'univers). On citera évidement en ce cas le boson de Higgs.

Le travail reposera aussi sur une bonne connaissance des acquits de l'astronomie terrestre et satellitaire, à partir desquelles ont été construits des modèles dits de « l'univers observable ». Les deux approches doivent être conjuguées, puisque l'univers paraît fait, à certaines échelles, de particules matérielles et d'énergie. La philosophie critique s'efforcera sur ces bases d'établir des ponts de rationalité entre les différents contenus de connaissance, qu'ils relèvent de la science proprement dite, de la pensée empirique ou même de certaines formes d'irrationalité.

Les observations du fonds de ciel cosmologique, les plus récentes ayant été obtenues par le satellite Planck, ont suggéré un grand nombre d'hypothèses en principe testables. Mais elles laissent sans réponse la question des origines de l'univers (le big bang supposé et l'avant-big bang) et moins encore celle de son avenir. C'est alors la cosmologie théorique qui prend le relais. Celle-ci repose essentiellement sur des hypothèses mathématiques. Bien que rigoureuses, les calculs correspondants ne produisgénéralement pas de résultats vérifiables. De plus ces hypothèses sont en grand nombre et très différentes.

C'est alors que doit intervenir le travail de la philosophie critique. Elle s'assurera, dans la mesure de ses capacités, du caractère scientifique des hypothèses. Mais par ailleurs elle discutera de leur pertinence en les comparant au très grand nombre des considérations mythologiques ou romanesques qui ont toujours été présentées à propos des questions posées.

Aujourd'hui, la cosmologie théorique laisse sans hypothèses beaucoup de problèmes intéressant la cosmologie, problèmes jugés impossibles à mathématiser. Même lorsqu'ils sont mathématisés, les hypothèses en découlant sont très différentes voire contradictoires. Elles s'inscrivent dans les « théories » qui se sont succédées depuis Newton. La plupart de celles-ci demeurent encore d'actualité, même si elles ont du évoluer pour tenir compte de théories ultérieures. C'est ainsi le cas des théories de la gravité ou de la relativité. D'autres font encore l'objet de recherches, sans avoir abouti. Il est d'ailleurs difficile en ce cas de parler de théorie. Citons la théorie des cordes ou celle de l'univers cyclique due à Roger Penrose.

Entre ces deux catégories se trouvent des théories relativement accomplies, mais jugées insuffisantes parce que laissant encore beaucoup de points obscurs. C'est le cas de la mécanique quantique, ou plus récemment, de la thermodynamique des trous noirs ou de la cosmologie inflationnaire. La philosophie critique se trouve donc confrontée à un programme d'évaluation et le cas échéant de propositions excédant les moyens humains dont elle dispose. Des choix s'imposent.

Un élargissement continu du regard

Dans ce but, un certain consensus s'est établi récemment concernant les thèmes méritant en priorité d'être discutés. Pour les identifier, il faut confronter tous les évènements cosmologiques qui auraient pu se produire, et les rapprocher de ce qui s'est à notre connaissance produit dans notre conception actuel de la physique cosmologique. Certains parleront d'effets de mode. La mode, ou plus généralement la succession de consensus généralement partagés, joue certainement. Mais, à regarder les choses avec un oeil plus constructif (c'est-à-dire philosophique) on constatera que la succession des théories et des hypothèses traduit un mouvement continu dans le sens de l'élargissement du regard et donc des perspectives.

D'abord restreint au système solaire, puis à l'univers visible, puis à l'univers dans son ensemble, qu'il soit ou non visible, le regard se porte dorénavant sur le concept de multivers, autrement dit sur la possibilité qu' « existe » un nombre éventuellement infini d'univers parallèles, entre lesquels à ce jour n'apparait pas de possibilités de communication. Découlant de cette perspective, le concept jusque là bien établi de l'universalité des lois fondamentales de la physique est remis en cause. Chaque univers peut s'organiser autour de jeux différents de lois fondamentales. Dans ces conditions les contenus de ces univers peuvent être très différents, certains hébergeant des formes de vie ou d'intelligence sans commune mesure avec celles que nous connaissons sur la Terre. Le concept de multivers oblige par ailleurs à prendre en considération celui d'infini, infini en ce qui concerne le nombre des univers, infini en ce qui concerne le temps et l'espace – à supposer que demeurent encore des espaces-temps plutôt que des continuum.

Si l'on retient l'hypothèse (qui n'est pas encore admise par tous, mais de plus en plus acceptée), qu'immédiatement après le big bang marquant la naissance de notre univers, ce serait produite une inflation très rapide, laquelle se serait ralentie par la suite, prenant le nom de constante cosmologique, on est presque forcé d'admettre que le multivers est en ce qui le concerne le théâtre d'une inflation infiniment répétée, autrement dit éternelle. De cette inflation naîtrait en permanence de nouveaux univers eux-mêmes en expansion.

L'ennui du concept de multivers infini, où tout ce qui peut se produire s'est produit ou se produira nécessairement, est qu'il rend en pratique impossible la moindre hypothèse, et moins encore la moindre perspective de mise à l'épreuve de ces hypothèses. Ceci même en ce qui concerne notre propre univers, et la cosmologie qui ambitionne de l'étudier. Tout ce que la cosmologie peut faire, c'est constater que notre univers est ce qu'il est, de même que sont ce qu'elles sont les lois apparemment fondamentales qui le régissent. Elle ne peut tenter le moindre début d'une explication concernant leurs raisons d'être. Nous sommes donc en présence d'un défi à la rationalité et à la causaité telles que celles à laquelle nous nous référons.

Si pour restreindre le champ des incertitudes, la cosmologie théorique ne voulait prendre en considération qu'un nombre fini d'univers, se déployant dans des temps et des espaces finis, elle serait dans l'impossibilité de préciser ce que seraient les limites de ce nombre, de ce temps et de cet espace. Elle pourrait, moins encore que dans l'hypothèse de l'infini, prétendre expliquer quelle méta-loi fondamentale aurait déterminé ces limites.

Que faire ?

Devant de telles difficultés, les tenants du spiritualisme feront valoir que les religions apportent leurs réponses, puisqu'elles ont posé l'existence d'un Dieu aux connaissances infinies et sans frontières, que ce soit dans le temps ou dans l'espace. Mais cette façon de penser consiste, plus efficacement encore que la théorie des multivers infinis, à nier l'intérêt de la science. Si Dieu a réponse à tout, à quoi bon chercher des explications rationnelles ?

C'est plutôt la philosophie critique évoquée au début de cet article qui pourrait ouvrir des perspectives de solution. Sans faire de grands efforts d'imagination, elle pourrait en effet faire valoir que les hypothèses et les théories découlent quasiment directement de la nature des instruments d'observation apparaissant progressivement dans la suite de l'évolution de la vie sur Terre. Les grands observatoires terrestres ou satellitaires ont succédé à la lunette de Galilée. Tout laisse penser que si l'humanité ne se détruit pas entre temps, d'autres instruments bien plus performants pourront à l'avenir tester des hypothèses apparemment hors de toute pratique expérimentale, comme celle des univers multiples ou du passage d'un univers à l'autre.

Nous avons pour notre part fait dans des articles précédents l'observation que le cerveau humain étant le premier des instruments à partir desquels s'élaborent les théories, l'augmentation des capacités cognitives de ces cerveaux, que ce soit par l'évolution génétiquement programmée ou par la mise au point de cerveaux artificiels, entrant en symbiose avec les cerveaux naturels, pourrait rendre évidents à la raison des concepts aujourd'hui « incompréhensibles » en termes concrets, comme ceux d'infini ou de multivers.

Si l'on entreprend de raisonner un tant soit peu philosophiquement sur le rôle des cerveaux dans la production d'hypothèses concernant la nature profonde de l'univers, on sera obligé de faire une constatation qui n'est en rien un retour au religieux, mais qui découle d'un fait communément observé en anthropologie humaine. Les sociétés les plus primitives (peut-être même certains animaux) ont toujours généré spontanément le concept d'infini, appliqué au temps, à l'espace ou au contenu même des connaissances. Ne serait-ce pas que d'une certaine façon, elles étaient en relation avec des formes de connaissances dépassant la seule rationalité telle que nous voulons la limiter aujourd'hui ?

Il n'est pas exclu que les cerveaux des grands penseurs et des grands scientifiques présentent de leur côté des caractères neurologiques, obtenus suite à de rares mutations non transmissibles aux descendants, les mettant à même de générer des intuitions que la science s'applique ensuite à vérifier ? Ces intuitions proviendraient alors d'une mise en contact épisodique avec les formes de connaissance évoquées ci-dessus.

Mais en ce cas, ne pourrait-on pas suggérer que ces formes de connaissance seraient cosmologiques, en ce sens qu'elles pourraient avoir été générées par des algorithmes intelligents circulant dans l'univers à partir des réseaux formés par les humains et autres créatures hypothétiques présentes sur d'autres planètes. Le physicien autrichien Ludwig Boltzmann avait dans les années 1890 indiqué que si, dans un univers infini, les phénomènes les plus improbables ont des chances de se produire, l'évolution de cet univers infini, aujourd'hui nous dirons de ce multivers, pourrait produire occasionnellement, ici ou là, des entités intelligentes flottant dans le grand tout et susceptibles d'inspirer occasionnellement des cerveaux plus limités tels que les nôtres. Il s'agit de ce que l'on a nommé des « cerveaux de Boltzmann ». Nous avions abordé cette question dans un article du 22 août 2007 auquel nous renvoyons le lecteur.

Il n'est pas nécessaire d'accepter sans discussion cette idée que l'on jugera bizarre. Mais les philosophes critiques devraient s'en saisir pour réfléchir à ce que pourrait être un univers, ou plus exactement un multivers, ne se limitant pas aux modèles nécessairement réducteurs que s'en donne la science actuelle. Si les Giordano Bruno et Galilée avaient procédé ainsi, nous en serions restés à la cosmogonie décrite par les pères de l'Eglise du 16e siècle et imposée comme un article de foi.

Dans ce cas, sans refuser d'aborder les problèmes cosmologiques aujourd'hui intraitables, la philosophie critique pourrait conseiller aux humains d'entreprendre des tâches à leur portée, dans des temps relativement proches. Il s'agirait autrement dit de mettre tous leurs efforts, non pas à des consommations de gaspillage ou à des spéculations de mathématique « pure », mais au perfectionnement continu des instruments et des cerveaux, tant au plan biologique qu'au plan de l'intelligence générale artificielle (AGI).

Il est plus que probable que des nouvelles recherches ainsi mises en oeuvre surgiraient des intelligences « augmentées » productrices de nouveaux modèles du monde. Ceux-ci seraient facilement maniables par les rationalités et les philosophies du futur, comme le sont pour nous les concepts de trous noirs ou d'inflation primordiale.

Pour en savoir plus

1) On lira dans le sens de ce qui précède l'article Cosmic conundrums du physicien Joseph Silk

2) Le même Newscientist consacre un article à un penseur exceptionnel, mais jusqu'ici quasi ignoré , le philosophe médieval Robert Grosseteste, auteur en 1225 du traité De luce. Celui-ci contient des hypothèses qui, traduites dans un langage mathématique moderne, semblent préfigurer les théories les plus audacieuses de la cosmologie actuelle. L'auteur, au nom prédestiné, a aussi inspiré les recherches modernes sur la couleur. (Image ci-dessus The British Library/Rex)


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12 réactions à cet article    


  • Gollum Gollum 15 mars 2014 13:26

    le regard se porte dorénavant sur le concept de multivers, autrement dit sur la possibilité qu’ « existe » un nombre éventuellement infini d’univers parallèles


    Oui, ce concept a été inventé pour essayer de contourner la nécessité d’un Dieu créateur à cause de l’improbabilité stupéfiante des diverses constantes cosmologiques amenant à l’homme : le fameux concept anthropique.

    En supputant un nombre infini d’univers multiples, il y en a forcément un dans le tas où cette aberration, bien gênante pour certains ( smiley), peut exister

    Voilà comment en voulant évacuer le mystère on invente des trucs encore plus improbables, mais qui permet à nos matérialistes et rationalistes impénitents, de définitivement (croient-ils) remiser Dieu au placard..

    Pathétique.

    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 15 mars 2014 15:24

      Si vous croyez en (la valeur de l’apport possible de) la philosophie critique, je me vois obligé de douter de vos qualités intellectuelles.

      Au demeurant, je pense que cet article n’est pas votre meilleur, et de loin.

      Par ailleurs et par pitié, arrêtez de parler à tout bout de champs de « cerveaux ».
      Sous le rapport du mental, la puissance explicative de cet objet est nulle.

      Qu’un Patrick Cohen ou un pilier de bar évoque des cerveaux, malades ou pas, soit, mais il me semble que vous avez mieux à faire.

      Pour ma part, j’aime les esprits brillants et je ne préoccupe donc que des choses de l’esprit, du mental, de la conscience (qui nécessitent des corps tout entier, fonctionnels et pas seulement des grumeaux de neurones).

      Les cerveaux sont dans le noir, qu’ils y restent !

      Bref, pour conclure, de cosmologie il ne fût point question dans votre article, ou si peu. Sachez que je le regrette... smiley


      • Je devrais ne pas me donner le mal de répondre à Salvador. Si je ne voulais pas rencontrer des gens dont l’incompétence le dispute à l’agressivité, je ne publierais rien sur des sites interactifs. Pourtant là, laissez moi vous dire que vous méritez le pompon. 


      • mortelune mortelune 15 mars 2014 16:07

        Nous sommes au 21e siècle. Nous en saurons davantage au 31e...

        Il fut un temps où les étoiles étaient perçues comme des trous laissant apparaitre une lumière. Un autre temps où l’univers était limité à notre galaxie.
        La cosmologie moderne évoquent les multivers, les univers //, les univers jumeaux, etc... La vérité c’est qu’il faut attendre une découverte technologique pour donner une suite raisonnable à tout ça. Patience donc...

        • Lord WTF ! Lord WTF ! 15 mars 2014 18:05


          Courte remarque : concernant l’emploi de « primitif » pour des sociétés qui auraient généré spontanément le concept d’infini : si vous vous référez à leurs modes de pensée, paradigmes, etc… aucune raison de leur attribuer le caractère de « primitif » : qu’au point de vue du développement technique/scientifique, ils apparaissent primitifs en comparaison de nos sociétés : certes mais au niveau de leurs représentations du monde, elles sont tout aussi élaborées que les nôtres : les religions historiques « théistes » ne sont pas des évolutions de formes plus primitives que seraient l’animisme, shamanisme, etc… et autres systèmes cosmologiques et représentations a-théistes antérieurs ou contemporains.

           Second point : plutôt que de concept d’infini (qui se rapporte aux concepts de distance, dimension, temps, etc…ergo rapport au temps et à l’espace) : dans le cas de ces sociétés supposément « primitives » : c’est bien plus de concept de NON-fini qu’il faudrait employer : à savoir l’absence de « limites » et non celles de « distances » : i.e. : absence de « limites » entre vie et non-vie, matériel et immatériel, entre passé, présent et futur, morts et vivants, etc… tous ces éléments formant un ensemble continu que ce soit dans le temps, l’espace ou au niveau spirituel/mental, etc… l’infini ici a donc une acception différente de celle mathématique/physique qu’on lui prête dans notre paradigme.

           Enfin, merci d’avoir évoqué Boltzmann et ces « cerveaux » , il me semble que cette approche pourrait permettre par exemple d’évoquer/aborder panpsychisme (ou panprotopsychisme) ou panexperiméntalisme sur la base de discours scientifiquement fondés/énoncés sans connaître de censure et rejet immédiats de la part des inquisiteurs scientistes et naturalistes. Et conséquemment, de pouvoir envisager une approche pluraliste concernant conscience, information, évolution, etc… non limitée aux théories et dogmes strictement « naturalisme-compatibles », et éviter ainsi de limiter caricaturalement l’étude de ces questions comme relevant simplement d’une enième confrontation naturalisme/supernaturalisme. 


          • Lord WTF ! Lord WTF ! 16 mars 2014 19:30

            A l’évidence, vous êtes incapable de lire un énoncé, et d’en saisir le contenu. Auquel cas, vous auriez saisi que votre commentaire révèle avant tout bien plus le caractère définitivement pathologique de cette délusion qui vous fait me coller aux basques dès que je poste sur AV que quelqu’autre scénario fantasmatique de votre création où j’incarnerai un agent de subversion théiste : pourquoi ne vous cantonnez-vous à votre grabatorium virtuel et à vos séances d’onanisme groupal ? Cela vous éviterait de révéler à chacun de vos verbeux éjaculats l’ultime archaïsme de votre pensée : quoique stricte absence de pensée élaborée soit une option aussi scientifique que raisonnable : rasoir d’Occam oblige (le caractère éminemment reproductible autant que prédictible de vos éructations et de leur « contenu » suffit à considérer cette hypothèse comme la plus vraisemblable puisque in fine la plus simple : l’absence répétée de contenu élaboré renforçant d’autant plus cette mienne intuition).

             Soit, explication de texte : 

             Encore une fois , c’est bien du bla bla pour dealer sa camelote habituelle.

            Tout se vaut
            Les religions révélées ne relèvent pas de l’archaïsme le plus rétrograde..

             La seule chose sur laquelle mon énoncé portait était la non-continuité « génétique » entre religions théistes et systèmes animistes, shamanistes, etc… généralement qualifié de primitifs ( oubliant que ces systèmes sont tout aussi historiques/contemporains que les dites religions révélées qui semblent fournir la substance fantasmatique principale à votre onaniste et verbeuse compulsion) : ergo d’un point de vue évolutif, historico-culturel : pas de relations entre systèmes « primitifs » (a-théistes et le + souvent propres aux cultures chasseurs-cueilleurs nomades) et religions « théistes » (le + souvent propres aux cultures agricoles, urbanisées et ayant émergées dans ce type de groupes…).

             A aucun moment, n’est évoqué archaïsme, ou caractère rétrograde supposé ou avéré des systèmes en question : le seul propos ayant été de réfuter l’idée d’une relation génétique entre eux : à nouveau, vos obsessions vous font lire et voir ce qui n’est résolument pas mon propos…

             Si l’anthropologie religieuse/culturelle, l’histoire des religions, etc… sont des domaines auxquels vous n’entendez rien : vous avez quelques options : vous cultivez et comblez vos lacunes, ou par exemple laissez ceux qui y entendent quelque chose en discuter…bien entendu un esprit tel que le vôtre étant définissable (et reconnaissable) tout autant par sa médiocrité intellectuelle (dans laquelle il se complait à l’évidence) que par sa « facuité » (néologisme derridaesque à votre stricte intention –je suis sympa, je nourris votre narcissisme- où fatuité de votre persona et vacuité de votre pensée se voient à juste titre associées) ne peut à l’évidence considérer que ce sont ses lacunes (qu’il ne peut ni accepter, ni reconnaître) qui ici biaisent le contenu REEL du message initial (= le mien). 

             Bin Voyons...

            La pensée magique vaut bien la pensée scientifique...
            ...
            Quelle puissance d’invention !
            Quelle clarté dans l’énoncé... !

             Où aurai-je supposément évoqué une équivalence entre pensée magique et pensée scientifique ? Ma référence aux scientistes ? Rien d’autre qu’une évocation d’un courant de pensée que l’on peut aisément qualifier de religieux et fanatique autant dans sa rhétorique/pratique que dans ses aspirations. Les options auxquelles je me référais (panpsychisme, panexpérimentalisme) en réponse à l’évocation dans ’larticle des cerveaux boltzmanniens ne relèvent aucunement de la pensée « magique » à moins que vous considériez les individus suivants comme des esprits « archaïques » (courte liste non exhaustive et chronologique) : Leibniz, Spinoza, Schopenhauer, W. James, Ernst Haeckel, W. Clifford, H. Lotze, etc… et bien entendu A. North Whitehead : bref au choix des mathématiciens, des scientifiques, des philosophes « rationalistes », des logiciens, des physiciens, des biologistes, etc… je me suis limité aux principales références historiques et vous ai donc épargné une liste des contemporains (scientifiques ou philosophes) épousant de telles thèses…au vu du contenu habituel de vos coms : je crains qu’il m’en faudra un peu plus pour définir comme archaïque, magique la pensée de ces individus.

             Conclusion : le problème réside au final dans vos capacités d’entendement limitées que dans votre délusion vous imaginez suffisamment développées pour déceler dans mes propos quelque message implicite ou subliminal visant à la promotion de la pensée magique et/ou archaïque…

            De fait vous êtes certainement le mieux placé pour nous parler de pensée magique et nous faire partager votre expérience autant immédiate que permanente de celui qui s’en voit affligé et s’y complait : mais bien entendu vous refuserez autant de le faire que de le reconnaître et en cela ne ferez que confirmer mon diagnostic : le mécanisme supportant votre délusion a justement pour propos de vous éviter d’être pris à défaut par un observateur extérieur, ayant pris acte de vos contradictions et du caractère pathologique et compulsif de vos verbeuses manifestations : et ainsi, sujet que vous êtes de cette illusion cognitive, vous vous vous imaginez disposer d’une papaloïde voir divinoïde infaillibilité et de la capacité de lire dans les cœurs et esprits d’anonymes posteurs : révélant sans doute ici la source de vos religieuses obsessions : après tout, il ne saurait y avoir qu’un dieu et ce ne peut être que vous : la ’tite voix dans la tête, ne cesse-t-elle, de vous répéter…bref conflit intérieur pour lequel je ne saurai prendre parti quand bien même, vous semblez vouloir à tout prix que je m’intéresse à vos intimes tourments.

            Sur ce, simple conseil : la première étape vers une optimale guérison sera pour vous d’apprendre à lire correctement un énoncé : à savoir simplement lire ce qui est écrit. Mes intentions ou motivations, à moins d’être encore plus délirant et infatué que je ne l’imagine, vous seront à jamais inconnaissables : mais là n’est pas même le problème : ici, il s’agissait d’un point précis que n’importe quel étudiant en Anthropologie Religieuse doit apprendre au cours de son premier semestre...


          • #gcopin fessesbouc-Akerue 15 mars 2014 18:45

            Bonjour

            Multivers le mot super magique, la notion de multivers ce n’est même pas de la science-fiction ni de la métaphysique, c’est bonnement un mythe, parler de quelque chose transcendant notre propre univers c’est absolument inaccessible, aucun intérêt, on n’aura jamais aucune information même pas un epsilon, dans le cas contraire çà ne serait pas un autre univers. Si je dis qu’avant notre univers, il existe un escargot qui a donné naissance à notre univers c’est aussi crédible et il est impossible d’invalidé cette théorie. Même si je suis athée il est fort de reconnaître dans ce cas que la théologie ou un Dieu transcendantal semble plus raisonnable, le principe est respectable, il repose sur l’intuition ou la foie. De même pour l’infini si notre univers est infini la terre ne serait encore pas née ou votre article aurait été écrit des milliards de fois ou d’une manière plus terre à terre notre planète serait grillée depuis longtemps par la lumière. A moins que vous parlez d’infini potentiel.


            • Jean Keim Jean Keim 15 mars 2014 19:47

              Bonsoir,
              Essayons de concevoir un concept réellement nouveau et ho stupeur rien ne vient, pas plus que d’imaginer une nouvelle couleur ou un nouveau son, là est la limite du cerveau et de son mouvement la pensée. Que la reflexion se fasse en solitaire ou en groupe ne change rien à l’affaire. Toutes les découvertes réellement créatives sont le résultat d’un bond, une sorte de flash de génie (insight en anglais). Si une bande de savants scientifiques se réunissent pour réfléchir sur un sujet donné, ils ne feront dans le meilleur des cas que réorganiser leurs savoirs respectifs. La réflexion est le rebond des pensées dans la boîte crânienne à l’instar d’un miroir que ne peut que réfléchir que la lumière qu’il reçoit.


              • A Jean Keim
                Très bien dit. Le travail du cerveau n’est pas sous contrôle de la volonté.


              • A Lord WTF
                Un mot de + sur les cerveaux de Boltzmann, considérés comme un pur fantasme. Pourtant, je lis, dans le dernier livre du cosmologiste et futurologue Michio Kaku, que je vais présenter quand je l’aurai terminé, qu’il s’agit de qqu chose à étudier. Si l’on peut prochainement télécharger le contenu d’un cerveau, cad les principaux algorithmes servant à cet organe à se représenter lui-même et calculer, ce sera facile de l’envoyer vers, mettons la galaxie d’Andromède avec des émissions électromagnétiques. Durée du voyage, 4 années lumière sauf erreur. Pourquoi alors n’entreraient ils pas en résonance avec des cerveaux locaux, cerveaux dont la Terre ne peut pas prétendre avoir le monopole.


                • #gcopin fessesbouc-Akerue 16 mars 2014 19:22

                  Bonjour

                  « Durée du voyage, 4 années lumière sauf erreur. »

                  Effectivement, la galaxie d’Andromède, également identifiée sous les numéros M31, est une galaxie spirale située à environ 2,55 millions d’années-lumière du Soleil, dans la constellation d’Andromède. Quand le cerveau arrivera sur Andromède, la terre sera depuis longtemps auto-détruite par son principal prédateur l’homme.


                • Lord WTF ! Lord WTF ! 16 mars 2014 22:49

                   @A.I

                   J’attendrai donc votre prochain article sur votre review du dernier opus de Kaku, et vos développements concernant les cerveaux boltzmanniens.

                   Quelques remarques (bric-à-brac : en simple réponse à votre com) néanmoins :

                   Je ne pense pas que les cerveaux de Boltzmann soient considérés stricto sensu comme relevant du fantasmatique par les scientifiques abordant une telle hypothèse, mais plus comme une expérience de pensée permettant d’élaborer tel ou tel cosmique scénario, en gardant en mémoire, ce modèle à fluctuations où la « pop-up » émergence de « cerveaux » (entre guillemets afin d’éviter toute anthropomorphisme : le point essentiel étant entités « conscientes » non obligatoirement des copies de cerveaux humains) serait plus probable que celle de l’univers entier, et les implications pour la formulation de tel ou tel scénario.

                   Un premier point qui rejoindra votre glissement (ou explicitation) suivant dans ce dernier commentaire : cosmologie > computationalisme > conscience :

                   A savoir que d’un : il faut pour cela (hypothèse cerveaux boltzmanniens pop-upémergents) considérer que la complexité de l’univers soit nécessairement supérieure à celle d’un cerveau boltzmannien ou autre (i.e. : une configuration matérielle douée (ou dotée : point à résoudre) de conscience).

                   Or le fait que nos cerveaux soient contenus dans l’univers n’implique pas automatiquement que la complexité de ces objets soit inférieure à celle de l’univers les contenant : il est fort possible que la quantité d’information minimale nécessaire pour décrire l’univers soit inférieure à celle nécessaire pour décrire un cerveau (i.e. : le nombre de bits requis pour faire court et rester dans un discours « info-computationnaliste »)

                   Histoire d’illustrer mon propos : imaginons un « programme » générant spontanément des organismes vivants : ce programme serait beaucoup plus simple qu’un programme spécifiant l’ensemble des détails d’un seul organisme vivant. Point is : il est possible que les tentatives de reverse engineering du cerveau (et les scénarios futuristes/transhumanistes de plus en plus en vogue) n’aboutissent qu’au constat que le reverse engineering de l’univers est au final plus simple en matière de computation et plus économiques niveau ressources physiques/énergétiques requises.

                   Je dirai que c’est là une des faiblesses de ces cerveaux boltzmanniens comme support de tel ou tel scénario cosmique avec fluctuations et « pop-up » émergences d’entités conscientes : in fine, la condition sine qua non étant que la complexité d’un cerveau doué/doté de conscience soit nécessairement inférieure à celle d’un univers entier.

                   Ce qui me mène à votre évocation du mind uploading (nous éviterons les questions philosophiques/éthiques : notamment identité et les possibles "zombies a-conscients" résultants) : considérons ici qu’effectivement les théories computationnalistes soient valides (pas mon opinion bien qu’ayant été très attiré par ces théories au départ) et que des simulations ou « consciences-clones » soient possibles dans un futur plus ou moins proche (les projections habituelles faisant du XXIè siècle la période historique où cela serait supposément possible) : il faut alors sérieusement considérer que l’hypothèse de la simulation voit sa probabilité s’accroitre critiquement : avec comme possibles implications, qu’une fois le moment (x) atteint où nous disposerions d’une telle capacité : la dite simulation prenne fin (i.e. : afin d’éviter de faire sauter les compteurs de « l’autre côté » de la simulation mais aussi d’éviter une cosmique « matrioshkaïsation » à l’infini).

                   Concernant les spatio-transferts de conscience : les hypothèses panpsychistes ou quantiques (avec non-localité incluse) me semblent singulièrement raccourcir la durée du voyage quelque soit la destination cosmique souhaitée : mais, je m’égare ici…

                   Pour revenir aux boltzmanniennes entités, la possibilité de communication ne serait possible que si ces « cerveaux » en sont effectivement capables : il me semble qu’ici, l’anthropocentrisme ne mène à trop d’extrapolations : en effet, il est tout autant possible si ce n’est encore plus, que si de telles entités existaient elles s’apparenteraient probablement à d’ultimes solipsistes. Exceptée la capacité de penser (conscience), il n’existe aucun autre critère nous permettant de concevoir à quoi ces entités pourraient ressembler. Et les critiques habituelles de ce modèle : avec des cerveaux vivant l’espace d’un flash avant de mourir d’hypothermie dans le vide au sein duquel ils « pop-upparaitraient » sont aisément évacuées du moment que l’on considère que ne serait requis pour ces entités rien d’autre que l’ « appareillage » nécessaire à la pensée/conscience : ergo aucun dispositif sensoriel nécessaire (donc ni input, ni output), pas plus ne pouvons nous établir que soit nécessaire que ces entités soient composées d’atomes ou soumises aux lois de la physique (les propriétés mentales ne dépendant pas de celles de la physique) ou de la biologie/biochimie : de la pensée/conscience pure concentrée sur elle-même : bref strictement inentendable pour nous…

                   Pour conclure sur ce point : je reprendrai un propos de S. Carroll , critique de l’hypothèse boltzmannienne mais qui néanmoins énonce ceci : "…au sein de cet ensemble de fluctuations, certains de ces cerveaux (boltzmanniens il s’entend) seraient intégrés à des univers similaires au nôtre, mais un nombre énormément plus important existeraient complètement isolés (indépendamment/en-dehors de tout univers, il s’entend)…" : ici, malicieuse conclusion que la mienne : dans l’ensemble de features d’une conscience existe la capacité à la narration, à la fiction, au rêve, etc… ainsi que l’aptitude à créer mentalement des univers ainsi que les consciences qui les peupleraient…(tout écrivain le fait, encore plus dans le registre SF/Fantasy)… 

                   sur ce, j’attendrai votre article sur l’opus de Kaku ...  

                    

                   

                   

                   

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