J ai été moi même enseignant vacataire. J’ai commencé à travailler à 15 ans et demi sans autre diplôme que le certificat d’études primaires. Je suis revenu aux études et aux supérieures bien plus tard.
Vous soulevez de vrais problèmes mais il n’est pas juste de faire porter le chapeau à Peillon en tant que tel. Il a son empreinte sans plus, comme tous ses prédécesseurs. L’Education nationale est à l’image de l’économie, c’est un bateau ivre et qui chavire. Les raisons ici sont autant sociologiques que politiques ou budgétaires. Les programmes sont dévalués, les élèves ont, par le lobbying des parents d’élèves, plus de pouvoir qu’auparavant. Le prof a moins d’autorité accordée.
Certaines classes sont intenables tous le monde le sait. Pompidou en 68 pouvait encore dire les Maîtres et les élèves... Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Le résultat fait que les instituteurs sont devenus des professeurs mais avec moins de pouvoirs individuels et moins de charisme reconnu que leurs anciens. Il existe de façon inconsciente une défiance entre maîtres et élèves. Les profs sont peu soutenus par leur hiérarchie qui ne veut que des résultats en abaissant le niveau des programmes et en relevant les notes et les taux de réussite comme pierre philosophale. Les diplômes sont plus faciles à obtenir certes mais à la sortie tout cela se fracasse sur le chômage endémique. On fait croire que le nombre de diplômés est la solution à l’emploi. Mais l’offre d’emploi n’est pas extensible proportionnellement aux diplômes lequel ne reste qu’un aspect de la valeur professionnelle de chacun et heureusement, car un autodidacte n’aurait plus aucune chance. Il faut aussi aller chercher à se réaliser rien n’est tout cuit.
La marchandisation de l’économie à imposer la marchandisation des diplômes et de l’instruction confondant l’objectif démagogique du résultat quantitatif et valeur qualitative complémentaire des métiers. Un CAP vaut par sa technicité d’être reconnu aussi important que n’importe quel diplôme si il permet d’être correctement payé.
Le problème en amont reste l’économie capitaliste néo-libérale très inégalitaire dans un champ individualiste. Les politiques néo-libérales produisent un sous prolétariat (même diplômé !) pour ne pas payer les gens et figer l’ascenseur social de la promotion professionnelle (qui elle se méritera toujours).
L’école est le reflet d’une société qui vacille qui abandonne ses codes, ses repères, et ses valeurs par démagogie. Ce système ne gène pas le Medef ni les élites qui bénéficient de la crise érigée en système au contraire.