Je pourrais m’arrêter au commentaire de CorsairePR, qui résume une bonne partie de la problématique :
« d’un côté on est tous contre, mais le jour où on a un enfant en route, voulant lui donner les meilleures chances, les convictions s’étiolent ! »
Mais je vais quand-même répondre à quelques interventions.
@ Bubble : je partage ce point de vue, qu’il est risqué de laisser les parents personnaliser leur enfant. C’est déjà en route avec la PMA dans certains pays, et ce le sera avec la GPA, où la sélection est entre autre financière : aux riches un enfant d’américaine blanche, aux pas riches un enfant d’indienne pauvre. Pour ce qui est de classer comme handicap des défauts anodins, il faut encadrer et définir clairement les actes acceptables, en justifiant les raisons. Je pense en particulier au diagnostic pré-implantatoire, raison de mon article (la Suisse en débat actuellement). D’accord avec le changement de ma phrase, qui l’élargit dans un sens assez réaliste.
@ Corine PasColas : quelle violence dans vos propos ! A vous lire je me dis qu’il faut préparer le peloton d’exécution pour ceux qui ne pensent pas comme vous. Dans les gros mot du moment, ceux qui évitent d’argumenter, vous avez oublié « nauséabond » ; je le rajoute. Je pourrais d’ailleurs vous répondre sur le même ton : votre commentaire est immonde, d’une rare violence, stupide et surfant sur la morale toute prête de l’époque. Cela évite d’aller au fond des questions. Vous pensez sans doute que balancer des crachats suffit à débattre. Mais vous êtes comme beaucoup de français : vous ne savez pas débattre.
Vous détournez mes propos en y mêlant Monsanto. D’ailleurs si vraiment une entreprise pouvait améliorer les productions agricoles avec des semences peu gourmandes en eau, qui n’exigent aucun pesticide, dont l’innocuité est suffisamment démontrée, ne diriez-vous pas oui ? Depuis des siècles les paysans et botanistes opèrent des croisements, des mélanges génétiques de plantes, pour améliorer la résistance des cultures et le rendement. Grâce à cela nous produisons beaucoup plus qu’il y a un siècle. et par exemple le blé court résiste mieux aux tempêtes et orages (avant, un champ entier pouvait être détruit en 10 minutes). La question restant au sujet de Monsanto, de loin la plus dérangeante pour moi, étant la perte de souveraineté alimentaire.
Je ne parle pas d’un monde où la souffrance est éradiquée, je dis : « Mais le désir de voir naître des enfants en bonne santé, d’éradiquer des maladies, d’éviter des malformations, de renforcer l’immunité, de faire vivre des enfants autonomes dans un groupe solide, est légitime. » Pensez-vous le contraire ? Si oui, ayez le courage de le dire. Pour ce qui est de la souffrance, le principe du bouddhisme est « la souffrance et la libération de la souffrance » (je l’ai déjà écrit plus haut). Cela ne mériterait donc de votre part pas plus que le vomi dont votre plume déborde ?
Non, il n’y a pas de novlangue (je ne suis pas socialiste) : il y a bien un bon et un mauvais eugénisme. Le nier est soit de la mauvaise foi, soit un ancrage émotionnel uniquement négatif. Soit un manque de réflexion. Je connais aussi des parents d’enfants handicapés, et je leur rend hommage dans mon billet. En tant que thérapeute j’ai aussi entendu parfois leur usure. La réalité est complexe, d’où ma propension à l’ambivalence plus qu’aux grandes déclarations tranchées, autosatisfaisantes mais totalement inutiles parce qu’improductives.
Je comprends bien votre idée de choix. C’est une des choses en jeu dans le débat. Ce qui le complique aujourd’hui est que le choix se fait en connaissance de cause avant le terme de la grossesse. Ce n’est pas moi qui ai besoin de contrôle, je n’ai jamais été personnellement confronté à ce choix. Ce sont bien plus les parents qui font des DPI, les parents qui ont avorté pour éviter une trisomie ou une maladie génétique.
Et bien plus qu’à moi, qui ne fais que poser des questions dérangeantes dans un des nombreux tabous français, c’est à eux, ces parents « indignes », que vos propos s’adressent. C’est à eux que vous dites merde.
A vous lire j’imagine que vous êtes opposée à tout ce qui dérange la volonté de contrôle, donc opposée à l’avortement, y compris en cas de viol. Et bien je n’y suis pas opposé pour des raisons trop longues à développer ici, mais la question éthique n’est pas résolue pour autant, même en invoquant la libre disposition de son corps.
Je vois en tous cas que le DIP, ou l’eugénisme, c’est le genre de débat tabou en France, où la réflexion est détruite par l’émotionnel, le clivage, le réflexe mémoriel, et divers inconvénients majeurs qui font ce ce pays un pays bloqué et un des moins créatif d’Europe. Je pense comme débats tabou : le cannabis, l’euthanasie, l’immigration, et quelques autres.
@ Doctorix : je pense que l’on est perfectible, physiquement c’est une réalité. Le sport de compétition (hors dopage) le démontre. Et une quête spirituelle n’est pas opposée à une perfectibilité physique.
En effet un malingre peut disposer d’une grande âme. Le malingre et le costaud ne sont à nouveau pas en opposition pour moi. Je travaille à fonctionner non pas en OU/OU mais en ET/ET. Enfin, oui, même nos faiblesses - physiques ou spirituelles - peuvent devenir des leviers d’un renforcement. Je pense que cela peut se faire parfois de soi même, mais que la médecine ou le mode de vie y contribuent aussi.
Concernant le DPI, il fait partie des technologies eugéniques de pointe, mais la raison d’y recourir et son encadrement permettent d’éviter les dérapages. Sur la rubéole, je n’ai mentionné que celui-là pour les raisons déjà dites, et je vous rejoins sur le reste, ayant une solide carrière en naturopathie. Donc non, pas de foi indestructible dans le progrès, mais pas non plus de refus par réflexe émotionnel ou autre.
@ Soi-m’aime : j’ai côtoyé des parents d’enfants handicapés, c’est pourquoi je leur rends hommage dans mon article. Je connais ce qu’il vivent pour avoir été leur thérapeute et leur confident - ou celui de leurs enfants quand c’était possible. Beaucoup disent en effet combien ils ont évolué grâce à leur enfant.
Mais peut-être auraient-ils évolué autrement. Nous avons tous des épreuves, de quelque ordre, à même de nous faire avancer. Mais de là à parler de la « mission » d’une personne handicapée, c’est un discours que je ne peux soutenir ni admettre. C’est comme si vous parliez de prédestination. Là on est dans des croyances. Quelle est cette volonté qui envoie un handicap comme une mission ? Selon votre point de vue, on pourrait tout justifier, y compris les camps de concentration. Après tout, peut-être était-ce pour le bien des juifs, ceux que le gaz sarin faisait accéder à la sagesse dont vous parlez... Heu, ce n’est pas primaire, c’est du deuxième degré (je me méfie avec vous...).
@ Gajin : se méfier du rationnel, en partie, mais on ne peut s’en priver. Le choix du DPI doit être rationnel, fondé et très encadré. Si l’on reste dans l’émotionnel, il n’y plus de règle morale fiable. Chacun faisant à sa meilleure convenance, une convenance habillée ou non de morale lambda.
@ Credohumanisme : « Un choix individuel (déjà éthiquement discutable) ... ce choix individualiste multiplié par un grand nombre peut être néfaste à la société prise dans son ensemble ». Oui. Le résultat de ce constat, auquel j’adhère en partie, est que la société doit contrôler les choix de l’individu. Qui le fait ? En vertu de quel pouvoir précis ? La préservation de l’espèce ou du groupe. Je suis assez d’accord qu’un groupe a comme priorité la survie, mais si l’on replace ce principe comme directeur dans la société, cela devrait assez vite faire redéfinir la liberté individuelle et nombre de notions sur lesquelles nous sommes aujourd’hui fondés.
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