Merci pour votre texte courageux et questionneur : de ce genre, ils sont trop rares pour ne pas être salués comme « sortie » en soi. On aimerait les transformer en « sorties » hors de soi, en « sortie
culturelle » de la dernière chance. Le siège n’a que trop duré : même les enfants n’ont plus aucune chance. Une chevalerie doit se lever, mais nettoyée de ses pestes et de ses poux. Merci en tout cas pour votre geste résume bien votre titre d’article. Toute vérité mène à un minimum de noblesse d’esprit.
« S’émanciper, selon Jacques Rancière, c’est se désassujettir du mode de pensée et de parole auquel nous assignent les institutions dominantes. » Certainement, mais encore faut-il montrer la nécessité véritable ou vraie de ce désassujettissement : si le pouvoir est mauvais par nature, la réponse doit d’abord apporter une alternative bonne avant opération de remplacement. Le remplacement vient du bien et le mieux du vrai. Une institution dominante n’est pas mauvaise parce qu’elle domine, ou alors il faut se désassujétir de toute autorité. Et là on est dans un domaine beaucoup moins simple : après l’autorité, il faut se débarrasser de ce qui la fonde : le sens, qui nous fait, c’est vrai, nous tourner vers une certaine science et les moyens qu’elle utilise pour fonder son autorité, qui, à l’analyse, sont les mêmes que pour toute autorité : peur, inconnu, besoin de repères et d’explication, raison et vérité en lesquels « croire », plutôt que comme alibis théoriques invérifiables, comme cela « s’universalise » de plus en plus, si l’on inclut le relativisme absolu comme l’un de ces alibis.
Donc si l’on ne sait pas bien ce que l’on fait, on risque de s’émanciper de l’une des dernières vérités encore vivante (non construite) pour conquérir un nouveau mensonge. Mieux vaut le pire immobilisme – comme plus grande vertu ! Tout en mesurant bien la racine négative fabriquée d’un tel immobilisme « positif » : un bien issu du moindre mal, ou pire : construit à partir et sur lui. Rien ne remplace la vérité – la première comme la dernière (comme fruit positif du devenir).
« L’émancipation consiste donc à conquérir, à vaincre, à abolir ces résistances, essentiellement sémantiques. (…) « La seule perspective effectivement émancipatrice est donc une conquête sémantique. »
La vraie émancipation découle de l’abandon du non-sens plutôt que de la conquête de résistances définies à partir d’un non-sens. Qu’est-ce que le « sémantique » sinon la théorie d’un sens construit à partir du non-sens scientifique nihiliste décrit plus bas ?
« Dans la logique rationnelle on tente au contraire de fixer le sens sous forme de vérités réfutables (...) » Une logique qui tente de fixer le sens n’est pas une logique, c’est une absurdité logique, un suicide, un nihilisme : c’est le sens qui nous fixe et nous bouge. Le sens est ondulatoire, ni fixe ni dynamique mais il est centré à partir d’une fixité supérieure qui définit la raison de ce sens et non l’inverse (la raison définissant le sens).
(…) parce que l’instinct de sécurité est universel chez l’homme que la logique rationnelle est devenue universelle (l’instinct de sécurité est plus fort que celui d’émancipation, c’est ce qui fait la servitude des masses) (…) »
L’instinct de sécurité est universel chez l’homme parce que la sécurité est un besoin fondamental de l’homme et que ce besoin n’est nulle part satisfait – même au minimum : au contraire nous sommes au milieu de conflits culturels insaisissables et de nettoyages par le vide enclenchés depuis plusieurs décennies, à l’intérieur de notre propre culture à partir d’autres concurrents pour la domination globale matérielle, donc rationnelle. Cette désécurisation est un déracinement qui permet l’affaiblissent de base de toute pensée vraie et libre, donc « irrationnelle ».
« (…) nous croyons à ce qui masque le vide, et ce qui le masque aujourd’hui, il faut bien le dire, c’est le billet de banque. (…) dans un vide moral généré par la raison exclusive. »
Le nettoyage par le vide opéré n’est pas un résultat, c’est un objectif stratégique de type scientifique effectivement nihiliste. Mai il est naïf de croire que derrière ce nihilisme il n’y a rien ni personne : nous y sommes tous, par l’instinct de sécurité cité plus haut, embarqués de force pour une expédition sans retour, et nous le savons mais ne le croyons pas suffisamment pour avoir le courage de le penser clairement pour le dire sans « raisonner » logiquement sans issue « scientifique » liée au système de pensée dominante établi sur le mensonge de ce nihilisme. Faire ce constat serait une telle déflagration intérieure que nous ne sommes pas « sûrs » que notre « esprit » tiendrait le coup. Le risque est donc une telle folie personnelle et collective, sociale qu’elle est infiniment plus effrayante que notre simple sécurité au niveau instinctuel : elle submergerait tout « organisationnel » (Sécurité partout, confiance nulle part).
Ce chantage psychologique au final est donc inscrit et imposé d’abord au niveau psychique « globalisé » de l’équilibre de nos « échanges ». Donc c’est un « sauve-qui-peut » à la fois civilisationnel et anthropologique qui submerge et immobilise nos esprits conditionnés autant que la satisfaction contrôlée de chaque besoin.
« Étant donné la profonde crise monétaire actuelle (...) »
Il n’y a pas de crise monétaire : il y a des politiques et derrière ces politiques, des objectifs précis comme un plan comptable. Cette naïveté rationnelle consistant à s’en tenir à la surface vérifiable des choses est irrationnelle au sens non scientifique du terme aussi bien qu’au sens vrai d’une vraie science (non celle qui construit mais celle qui décrit le sens, l’éclaire et l’inclut heureusement).
04/07 09:09 - Castel
"Sinon la recherche fondamentale a toujours évoluée indépendamment des appétits des gloutons (...)
03/07 22:54 - epicure
@Par Castel (---.---.42.50) 2 juillet 18:09 Faux Déjà il faut distinguer deux (...)
03/07 12:00 - Darkhaiker
02/07 18:09 - Castel
"ou qui confondent la Science avec un grand S, à savoir un protocole d’acquisition et de (...)
02/07 16:43 - Neymare
"Celui-ci n’est ni scientifique, ni théologien. Il prend la défense de la transcendance (...)
02/07 16:35 - Éric Guéguen
Il semblerait que j’aie levé une truffe... La réponse faite plus bas à bakounine vaut (...)
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