"Je ne vous réponds pas cela pour vous casser les pieds et
je ne fais pas l’idiot à dessein. Je ne demande pas mieux que de vous
comprendre. Pouvez-vous reformuler votre pensée s’il-vous-plaît ?«
=> Bien volontiers. Désolé de n’avoir pas été suffisamment clair.
En substance, voilà ce que je voulais dire : soit on prend le racisme à bras-le-corps, on permet son expression, on le combat dialectiquement en public et on fait le pari qu’une majorité d’êtres humains seront convaincus de l’irrationalité du racisme, soit on continue de faire semblant de croire en l’égale intelligence de tous les êtres, tout en recourant de plus en plus à la judiciarisation pour éradiquer les pensées malsaines, diminuant ainsi d’autant l’exercice du bon sens.
Au passage, lorsque je parle d’ »effets de manche« , vous n’êtes pas du tout visé, votre discours me semble au contraire très cohérent.
De vous à moi - et peut-être serez-vous d’accord là-dessus : le fait de savoir que certains êtres humains sont racistes me dérange. Pas parce qu’ils sont du »côté obscur" ou je ne sais quoi, mais parce qu’ils commettent une erreur de jugement. Leur opinion est fausse avant d’être maléfique ou même dangereuse. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas de les faire taire, c’est de les amener à prendre conscience de leurs propres contradictions. Je pars du principe qu’un débat public peut aider, plus que tout, à donner de la cohérence à certains propos. Mais pour ce faire, il faut d’une part que les gens qui ont en eux des idées racistes puissent librement les exprimer, et d’autre part, résultant de la première condition, que l’on repense tout notre système de valeurs. En l’état, toute opinion qui fédère une majorité autour d’elle est réputée exacte (on voudrait nous faire croire que la démocratie se réduit à cela), d’où la peur du débat ou de la moindre expression du racisme, car si par malheur les racistes venaient à l’emporter dans les débats, je veux dire à convaincre une majorité de gens, alors le racisme deviendrait... la norme !!
Ceci nous amène à nous interroger sérieusement sur l’idée que l’on se fait de l’égalité, de la liberté, de la démocratie et des valeurs.
J’espère avoir été plus clair. Dites-moi...