Dans l’article de Libération il est rappelé, comme il est évident, que les « sponsors ont mis de l’argent » dans cette équipe. Il y a donc nécessité d’un retour sur investissement. Que celui-ci soit « non monétaire » pour ce qui concerne trois des quatre sponsors est une chose, mais pour le quatrième qui vous autorise à minorer sa logique financière ?
Là aussi vous péchez par approximation : l’essentiel n’est pas ce que risque de toucher ou pas Solgar (qu’en savez-vous réellement ?) mais ce qui a pu le motiver à mettre de l’argent dans cette affaire. Vous pouvez toujours penser qu’une entreprise privée sponsorise pour la gloire, pour le sport, etc. Mais ce que l’on sait de la logique du sponsoring privé indique que le retour sur investissement passe par l’obtention d’une notoriété monnayable en termes de parts de marché. Par ailleurs en l’absence de données sur la composition précise de ce sponsoring on peut très bien envisager que la part de Solgar soit équivalente au total cumulé de l’investissement des trois autres.
Je dis cela pour lever l’illusion que les quatre contributeurs au financement soient nécessairement à égalité dans ledit financement et que donc la part du privé ne représenterait que le 1/4 de la composition financière de la structure de sponsoring.
Solgar, comme on peut le lire, ici : http://www.solgar.fr/Les_Gold_Standard____.html n’est pas au demeurant une entreprise mineure.
Enfin votre dernière phrase une nouvelle fois déplace le problème : en quoi le fait que le maillot ait été dessiné par une coureuse contredirait la logique financière du sponsoring ? N’y aurait-il pas là une gratuité de travail qui participerait du « bénéfice » des sponsors ? Comme on le voit avec Gattaz le privé a une furieuse tendance à « gagner » toujours plus sur la rétribution du travail. Et faire cadeau aux financeurs du travail de dessin des maillots pour montrer l’esprit de sacrifice dont sont dotées les coureuses et encourager les sponsors à investir n’est pas inimaginable.
En sommes vous argumentez de façon curieuse : la gratuité assumée par une « salariée » serait la preuve de l’esprit de gratuité (ou presque) de son employeur. Vraiment très curieux...