« ...et notre capacité à être heureux... »
Soyons déjà satisfaits de n’être pas malheureux
« ...et nous avons tous un facteur commun, nous pensons
le monde. »
Certes, certes, mais les différences culturelles sont telles,
que c’est un monde d’opposé à diamétralement opposé selon les peuples en
présence.
Puisque vous aimez les histoires d’Indiens, en voici une
autre. Vous avez peut-être vu à la télévision, ces Indiens d’Amazonie, des
Yawalapitis, à qui des explorateurs, appelons-les ainsi, présentent des images
de la conquête de la Lune. Ces Indiens atteignent le sommet de l’incompréhension :
- Mais pourquoi
est-ce que vous êtes allés là-bas ? Qu’est-ce que vous êtes allés chercher
là-.bas ? Quel intérêt pour les humains d’aller là-bas ?
Pour ce qui les concerne, ils n’ont même jamais eu la
curiosité de traverser le fleuve pour aller voir ce qu’il y a de l’autre côté
de la montagne qui est de l’autre côté du fleuve.
Comment leur faire comprendre que le Blanc, prométhéen, dès
que quelque chose lui paraît possible, il le tente ? Qu’il s’agisse de faire
voler des objets plus lourds que l’air, de parcourir plus de 50 km dans l’heure
sur la piste d’un vélodrome, de vaincre un sommet inviolé, de marier des
saveurs qui ne l’avaient jamais été ou de remplacer le cœur défaillant d’un
homme, par celui d’un autre ou par un appareil…
Ces Indiens, c’est évident, n’appartiennent pas à la même espèce
que nous, la même espèce culturelle s’entend. Et il serait souhaitable que le
fossé reste infranchissable, parce que c’est leur identité à eux qui est
menacée. Ce sont eux qui seront subjugués par l’iphone ou je ne sais quel
gadget à la mode, pas nous qui troquerons la kalachnikov contre la sarbacane.
Je ne suis pas optimiste. Il semblerait qu’il y ait déjà, au
fin fond de la Selva des jeunes Indiens qui sont des fans de Michael Jackson.
Ce pourrait bien être un doigt dans un engrenage infernal. Et, dans ce
contexte, votre grande famille me paraît son seulement utopique, mais encore
létale pour les plus vulnérables aux mirages dont notre monde à nous n’est pas
avare pour le plus grand malheur des ingénus.