Mistral d’extrême droite ? Ben voyons comme disait l’autre ! Certainement pas malgré des postures tous
azimuts, par maladresse, par opportunisme, parce qu’il était facilement
influençable aussi.
Vers 1848 il est démocrate-socialiste mais les «
néo-jacobins » l’accusent de séparatisme (il est lié avec les Catalans)
dans le seul but de disqualifier les républicains fédéralistes. D’où sa
sympathie nouvelle pour l’Empire, vite déçue car elle n’amènera pas la
décentralisation de la France.
Après la défaite de 1870 et l’esprit
nationaliste de revanche, il apparaît comme plus français que provençal
pour soutenir les aspirations monarchistes d’un régime pourtant
républicain (encore l’idée des provinces du royaume de France).
A
partir de 1876, quand les idées républicaines l’emportent sur les
monarchistes, en tant que Français face à la menace prussienne, son idée
est de promouvoir une fédération latine.
Il a le tort d’être connu et la gauche le combat en tant que figure du monarchisme.
Dans
quelle mesure le fait d’être une cible l’a radicalisé au point
d’adhérer à une ligue nationaliste anti-dreyfusarde ? Une adhésion qu’il
regrettera d’ailleurs.
Il fut l’ami de Roumanille marqué très à
droite mais aussi celui de Paul Arène auquel il rendra hommage en
publiant, dans l’Aïoli, les lettres de ce dernier du temps de la
Commune. Il y a aussi sa correspondance avec Louis-Xavier de Ricard, un
communard exilé... Mistral, toujours attiré par le fédéralisme, reste
sensible aussi aux aspirations sociales.
Certains voudraient encore
accuser Mistral d’avoir un penchant pour la Prusse alors que ce sont des
lettrés allemands qui le soutiennent parce qu’EUX savent étudier et
défendre la langue d’Oc (Edouard Koschwitz auteur de la première édition
critique de mirèio... EN FRANçAIS !
D’accord pour ses opinions très
contradictoires, allant du fédéralisme de gauche à l’échelle
européenne, avant 1870 à la reconstitution des provinces françaises par
la monarchie illustrent peut-être les incertitudes de la deuxième moitié
du XIXème mais de là à affirmer qu’il était d’extrême-droite, NON !
Et
pour donner à réfléchir sur la permanence des contradictions humaines,
n’a-t-on pas, aujourd’hui, pour servir un mondialisme au service du
capitalisme, des dirigeants socialistes au passé très trotskyste ???