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Commentaire de jco4667

sur Moussaoui, démon de l'absurde


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jco4667 (---.---.49.9) 7 avril 2006 10:42

Tous ces sommentaires excessifs m’inquiètent en ce qu’ils révèlent une interprétation très superficielle, pour ne pas dire médiatique, des faits d’actualité pour qualifier une (ou plusieurs) religion(s).

La critique du religieux (constructive s’entend), se fait dans le cadre d’un langage religieux, capable d’embrasser l’ensemble des concepts, des symboliques, que contient un discours religieux. Une bonne exégèse apparaîtra toujours aujourd’hui comme une logghorée délirante et ennuyeuse alors qu’elle répond à des codes précis. Lorsqu’on lit un ouvrage écrit par un philosophe ou un sociologue, on est toujours surpris par la complexité, voire la caractère abscons, du langage utilisé pour décrire des concepts qui nous paraissent parfois assez simples. C’est que cette rigueur dans le langage est nécessaire pour bien situer la pensée, sa filiation, ses ruptures.

C’est pourquoi une interprétation des textes religieux au cul du camion ne peut qu’être stérile. Il en va de même d’une lecture primaire des oeuvres de Marx par exemple (tendance lourde), ou de celles de Platon. Je vous invite, chers pourfendeurs des religions, à relire « la République ». Je parie qu’il y en a dans le tas qui trouverons dnans cette oeuvre un condensé de fascisme (je suis aussi, plus jeune, tombé dans le panneau)... Pourtant, personne ne s’abat sur le platonicisme ou le néo platonicisme qui sont quand même au coeur de notre système de pensée occidental (admettez que c’est moins facile que de critiquer les rots de quelques mollahs excités).

Le religieux est une composante fondamentale de la pensée humaine. Il n’est pas possible de se définir hors d’un contexte religieux quel qu’il soit, on abat toujours des idoles pour en créer de nouvelles : l’homme lui même, l’argent, la volonté de puissance, la démocratie, la science... Donner un nom à ce que l’on ne maîtrise pas et que l’on devine est essentiel, que ce soit Allah, Jehova, Bouddha ou Shiva. Même l’athéisme est religieux puisqu’il se définit par rapport à l’existence ou non d’une conscience religieuse. L’homme ne se définit pas seulement par son rire, n’en déplaise à Bergson, mais aussi par sa capacité à générer et à adhérer à des concepts transcendant l’univers physique dans lequel il se meut.

Tous ces discours sur l’Islam (il y en eut d’autres sur toutes les religions) sont stupides et témoignent d’une réaction à courte vue comme d’un manque de repères qui font qu’il n’est plus possible d’affirmer haut et fort sa foi, qu’elle se définisse par rapport à un livre ou par rapport à une expérience de vie.

Certes une certaine pratique politique de l’Islam représente un danger pour nos sociétés, cela ne peut être nié. Mais souvenons nous d’une époque pas si ancienne où une certaine pratique du catholicisme, associé à un impérialisme conquérant, en a fait de beaux aussi, dont nous expérimentons aujourd’hui les infinies conséquences. Il y a un millénaire, notre civilisation balbutiante et intolérante ne soutenait pas la comparaison avec les civilisation musulmane ou chinoise...

La foi, vous l’avez encore vous ?


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