@ Antenor
Je reviens au professeur Bernardi, je cite : De façon générale, les noms de lieux traversent les siècles et les civilisations. Passant d’une langue à l’autre, les sons primitifs sont victimes de déformations successives.
Bien sûr qu’il peut paraître bizarre que les premiers arrivants aient donné à la Meuse et à la Moselle le nom de Moïse et à l’Armançon, à l’Arroux et à l’Arar, le nom d’Aaron, mais si l’on raisonne en tant que « voies », cela devient beaucoup plus plausible. Il y aurait eu la voie « Moïse » et la voie d’Aaron. Ç’aurait été une façon de les sacraliser un peu comme les Romains l’ont fait avec la voie sacrée. Et puis, il y a Mozac et son tympan qui, bien que seulement du Ier siècle avant J.C., montre à l’évidence une partie des 8000 Juifs émigrés dont parle Flavius Josèphe, lesquels sont accueillis par une « congrégation » qui vit toujours avec le livre de la Torah. L’un d’eux est habillé d’un vêtement sacerdotal et porte l’étole sur le bras. Torah et donc Moïse, il n’y a pas à hésiter.
C’est très important, parce que dans mes ouvrages, j’ai souvent préféré parler du « livre » quand il figurait dans des chapiteaux. En fait, j’aurais dû dire « Torah ».
Et puis, remarquez que dans le cas de Mozac, nous avons bien une disparition du ï de Moïse comme dans Mose et Moselle. Je cite wikipédia pour vous montrer les altérations possibles : Sur les documents médiévaux, la forme latinisée de Mozac était très variable : Mauzaco8, Mosaco, Mausaco[réf. souhaitée], Mozaco9, Mauzacum, Mausiacum, Mausiacus10, Mauziaci en 1184, Moissacus vers 1315, Mausat en 1373, Mauziacus en 1392, Moziacus en 1467