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Commentaire de Gugu

sur Pénibilité ou encouragement aux travaux pénibles ?


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Gugu Gugu 28 décembre 2014 08:13

Ou l’art d’interpréter les choses pour les faire coller à sa doctrine...

« et se portera volontaire systématiquement pour les pires travaux..... »

Un jeune peut etre, mais passé 35ans, ça n’est plus vrai. A l’aune de cette réflexion, on voit bien que vous n’avez JAMAIS effectué un travail qui vous casse, qui vous envoie au lit à 21h parce que trop fourbu pour faire durer la soirée au delà du diner, ou un travail dans un milieu trop bruyant (chaine de production ou gros engins de chantier), où malgré les protections auditives, vous vous retrouvez complètement abruti par l’assourdissement que vous subissez pendant la journée.
Je ne parle même pas de la lombalgie qui se déclare entre 35 et 40 ans, et qui se rappelle à votre bon souvenir à chaque fois que vous prenez vos enfants dans les bras ou que vous portez un cabas de courses...
Évidemment, j’ai croisé des « vieux » qui acceptaient certaines tâches ou heures en plus, pour toucher une prime ou autre avantage, mais, croyez moi, ils ne le faisaient jamais de gaité de cœur, juste par nécessité pour boucler la fin du mois, ou payer une réparation sur leur véhicule.
J’ai fait des 70h par semaine, dont plus de la moitié à remplir et vider une bétonnière (70 sacs de 35kg de ciment dans la journée, 30 pelletés de sable par sac, et 140 brouettes pleines de mortier à faire passer sur des madriers), mais après 3 mois de ce rythme là, le repos dominical ne suffit plus pour récupérer, vous commencez vos journée complètement cassé de la veille.

« C’est une curieuse façon de voir, l’inverse de la prévention. »

Il n’y a pas de prévention possible quand on doit passer une journée sur un marteau piqueur ou devant une bétonnière... Il est certaines tâches qui nécessitent que le corps du travailleur soit soumis à rude épreuve, et la répétition de ces tâches entraine une dégradation physique irréversible. Alors, à l’aune de ce constat, on ne peut qu’abonder dans le sens d’un départ plus tôt à la retraite pour ceux qui se « cassent » au travail.

Si vous saviez le nombre de collègues que j’ai croisé qui partaient à la retraite et décédaient dans les 2 ans qui suivent, voir dans les 6 mois... Bien sûr, certains cyniques argueront que c’est bon pour les finances publiques, mais ces mêmes cyniques seraient bien démunis si tous les gens qui exercent des métiers « pénibles » décidaient de s’arrêter. Il n’est qu’à voir le secteur du bâtiment qui se plaint depuis des années (décennies) de manquer de manœuvres.

J’apprécie par contre votre volet sur les « oubliés » de la pénibilité, et sur les abus que l’on peut voir dans certaines entreprises type SNCF ou autres EDF.
Je vous rejoint sur le fait que ce compte pénibilité est mal fait, qu’il a été abordé de manière idéologique et électoraliste.
Mais non, personne n’acceptera de faire des taches encore plus difficiles sous prétexte qu’il partira à la retraite plus tôt, ou aura des crédits de formation, penser cela c’est aborder de manière idéologique et théorique le sujet, soit faire preuve du même aveuglement idéologique que ceux qui ont rédigé cette loi en oubliant volontairement des pans entiers de l’économie.


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