Cela m’étonne de voir tellement d’avis contre l’aide à mourir. Atteint d’une maladie grave, le spectre de longues années de déchéance et de souffrance me hante. Je pourrais les affronter avec plus de sérenité si je savais qu’une aide à mourir serait éventuellement disponible.
Les objections basées sur la religion je les comprends et je les accepte, mais l’objection principale est le supposé risque d’abus. Or, il faut connaitre les détails de la législation qui existe déjà en Hollande et que l’ADMD (Association pour le Droit de Mourir en Dignité) cherche à introduire en France. L’aide à mourir est accessible uniquement en phase terminale d’une maladie incurable. Le malade doit réitérer pendant plusières semaines son désire d’en finir. S’il n’est pas dans un état cohérent et n’a pas laissé un document validé exprimant son souhait, on ne peut rien faire. Deux médecins, le médicin traitant et un deuxième médecin doivent certifier que la demande est raisonnable et non pas le résultat d’une dépression temporaire. Enfin les autorités judiciaires doivent être prévenues. Dans la mesure du possible le malade doit faire le geste lui-même (avaler le poison par exemple). Bref, on est bien conscient du risque d’abus et on prend toutes les mesures pour l’écarter.
Souvenez-vous des cas comme celui de Vincent, où sa mère a fini par débrancher les appareils elle-même ? Trouvez-vous qu’elle avait tord ?
Les soins palliatifs (quand ils existent !) sont souvent suffissants, mais pas dans tous les cas. Soins palliatifs et aide à mourir sont complémentaires. Je dit bien « aide à mourir » et non pas « euthanasie », car ce mot, comme le mot « acharnement » médicale est déjà une condamnation. Il est associé au nazisme et au meutre. Il n’est plus utilisable. « Aide à mourir » exprime mieux ce que nous voulons. Etes-vous vraiment contre ?