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Commentaire de Analis

sur Ils ont tué Charlie !


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Analis 8 janvier 2015 15:07

J’ai été très choqué et outragé d’apprendre le décès de Cabu, Charb, Wolinski, Tignous de la main de fanatiques déterminés, qui trouvent plus important de s’en prendre à d’inoffensifs caricaturistes qu’à des magnats qui réduisent des millions de personnes à la misère et répandent pollution et maladies mortelles (entre autres choses).

Mais de nombreuses réactions m’ont tout autant choqué. Déjà, on a eu droit au bal des hypocrites habituels. En premier lieu les grands politiciens, Hollande, Sarkozy, Valls, Cameron, Obama etc... ont donné dans le concert de louanges plus ou moins obligées, ne manquant jamais une occasion d’essayer de se refaire une virginité ; Hollande ne pouvant pas s’empêcher de donner dans l’emphase et d’appeller à un jour de deuil national. Or on a là tous les hommes qui ont contribué à mettre à feu et à sang la Libye et la Syrie, qui sont responsable de 10 000 « Charlie » là-bas, 1000 matières à jour de deuil national en ces pays.

Ensuite, n’oublions pas que si Cabu est maintenant brandi comme le symbôle de la liberté d’expression par ce président si normal et tant de politiciens français, il n’en a pas toujours été ainsi, loin s’en faut. L’Etat dont Hollande est le premier représentant l’avait à de nombreuses condamné pour outrage à l’armée, et même à président (George Pompidou en l’occurrence) (n’oublions pas qu’il y a très peu, des juges très cire-pompes avaient encore condamné un inoffensif quidam pour avoir brandi devant Sarkozy une pancarte sur laquelle était inscrite « Case-toi, pov’con »). Vraiment, pour la France, la liberté d’expression, représentée par Cabu ou non, était de très peu de valeur, Cabu était à l’époque un ennemi pour l’Etat (c’est juste que le bûcher n’étant plus d’actualité, ils préféraient des méthodes plus « douces », mais la violence étatique était bien là).

Donc, pour moi, il n’y aura pas de jour de deuil national. Entendons-nous bien, je respecte tous ceux qui ont décidé de le suivre, et je comprends leurs raisons. Mais vu ce que je vois se cacher derrière, j’ai décidé de ne pas m’y joindre.

Maintenant, ce qui m’inquiète, c’est d’une part l’escalade de la violence privée, avec un climat de guerre civile. Ensuite, le retour des appels à plus de sécurité, de contrôle social, de restrictions des libertés etc... Tout ça, on va encore y avoir droit. 


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