encore quelques remarques :
Retour sur la scène du crime : La carte nationale d’identité et l’épée de la castration.
J’ai dit du crime qu’il polarisait les masses, celle du nous et l’autre, les eux. l’épée de la castration mis entre les deux.
Je parle d’épée, signe du conflit. Peut-être la guerre.
Mais pas que : l’épée représente le langage. Le langage parce qu’il est discriminant est un agent de la castration.
Dans notre histoire, c’est la carte d’identité qui lance la machine à penser en nommant le coupable. Évidement, à partir de cette désignation, plusieurs discours sont possibles : selon qu’on est complotiste ou pas, chacun cherchera les signes qui forment le sens donnant corps au discours.
Toujours est-il que les média se précipitent comme un seul homme sur cet os qu’on leur donne à ronger. Ce qu’il faut comprendre ici, c’est que ce n’est pas le crime lui même qui polarise les masses, mais bien le discours sur le crime. Ainsi, celui qui veut profiter du crime, pour assoir son pouvoir sur la masse (qui n’est en réalité que la « moitié du Royaume »), doit contrôler le discours sur le crime. Ce rôle est dévolu aux médias qui sont alors chargés de distribuer la bonne parole, de dire qui sont les victimes, qui sont les coupables, qui est du coté de la victime innocente, qui est du coté du coupable désigné dans un choix sans alternative : « on ne se sent pas Charlie Coulibaly », on est soit charlie, soit complice des terroristes ou faisant l’apologie du terrorisme. Bush nous avait fait le coup : soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous.
Le deuxième point que je voudrais faire remarquer est le suivant : j’ai dis de la castration qu’elle était une souffrance source d’angoisse en cela qu’elle s’oppose au désir d’union. En plaçant la castration en dehors du nous, et précisément entre nous et eux, l’angoisse de castration se déplace avec, c’est à dire qu’elle sort du nous pour ne plus être que dans la relation à eux.
C’est ainsi qu’il faut expliquer le sentiment d’euphorie rapporter par certain participant à la grande marche parisienne : le désir d’union est comblée et l’angoisse de castration est absente.
Pour le pouvoir manipulateur, les éléments du contrôle des masses sont là : polarisation, déport de l’angoisse de castration dans la relation à eux, euphorie provoquée par la satisfaction du désir d’union.
Alors, celui qui tient la clé du discours sur le crime, celui-là à le pouvoir, la masse à ses pieds qui le remercie.
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