Extrait de Gilad ATZMON, La parabole d’Esther :
Un des moments les plus terrifiants du film de Steven Spielberg La liste de Schindler est à n’en pas douter la séquence qu’il comporte sur la chambre à gaz. Auparavent, dans le film, des bruits circulent selon lesquels des juifs sont exécutés au moyen des gaz mortels. Nous voyons alors des femmes angoissées que l’on envoie, nues, vers les douches, dans le camp d’Auschwitz. Nous anticipons un crime collectif des nazis. Mais un instant après, nous sommes soulagés, comme le sont ces femmes, lorsqu’au lieu de Zyklon B, c’est de l’eau qui se déverse sur leurs têtes. La force du moment cinématographique est due au gouffre qui sépare le narratif imaginaire prétraumatique de la réalité montrée à l’écran. Autrement dit, le trauma précède l’évènement traumatique : c’est le trauma lui-même qui modèle la réalité.
Qu’en pensez vous ?
Je m’interroge sur la force de l’image pour créer du trauma.
En particulier sur le fait que, concernant les attentats, j’ai l’impression qu’il ne s’agit pas seuleument d’attentats mais surtout du spectacle d’attentats.
Les attentats gagnent en force parce que l’imaginaire du spectateur est engrammé par les scènes qu’on lui montre.