Bonjour Chrostophe Bugeau,
Votre article pose les bonnes questions, et les réponses restent très incertaines. Contrairement à ce que pensent certains, la sortie de la Grèce de l’Euro ne serait pas une telle catastrophe pour l’Euro-groupe qui représente une masse financière très considérable et peut aisément absorber un défaut grec. Ce qui reste en jeu, ce sont les intérêts des prêteurs dont l’identité (publics, privés) reste relativement obscure.
Paiera, paiera pas ? Sortira, sortira pas ? Personne n’en sait rien, ni les gourous des plateaux de télé, ni les epxerts patentés, ni les savants improvisés et pontifiants... et bien sûr le passant lambda qui se demande ce qu’on lui veut, lui qui a peine à boucler ses fins de mois. Surtout, comme disait Coluche quand ça se produit le 5 du mois ; mais, c’est un autre sujet...
Alors, allons-y de nos « si ». 1° les Grecs sortent de l’Euro. La Drachme redevient la monnaie nationale. A quel cours ? Ca dépendra des marchés financiers dont personne ne peut anticiper la réaction. La Grèce empruntera-t-elle à l’extérieur ou créera-t-elle sa propre émission de fonds ? Et que vaudra alors sa dette courante ? Dévaluée, sans doute, mais existante.
2° Les Etats de l’Euro-groupe veulent récupérer leurs prêts rapidement, selon les termes des contrats en vigueur. Ils font les gros yeux à la Grèce, laquelle débitrice menace de payer plus tard (car c’est elle qui détient le magot), ce qui présente un manque à gagner pour les prêteurs. Y aura-t-il un phénomène de contagion avec les autres Etats endettés de la zone Euro ? On ne sait pas. Doit-on (peut-on) pousser la Grèce hors de la zone euro, sans en avoir l’air et en gardant la face vis à vis de ses partenaires ? Dans l’incertitude, on attend.
Dilemme digne d’une tragédie antique : fatailté, destin, action des hommes (les politiques), ou des dieux (les marchés) ? Dans les salles de marchés, rien de tel que l’incertitude pour faire des paris et gagner de l’argent. Encore eux !