Assez d’accord avec Fergus.
Cette génération est montée dans le mauvais wagon, au mauvais moment.
Tout le monde sait bien comment à éclaté la bombe, de façon larvée, avec beaucoup de détonateurs, petits mesquins, mais qui fabriquent une bête qui nous échappe.
Le boulot, surtout, qui est le formidable ciment de brassage social et de reconnaissance, a disparu.
On a donné de la colle et des rustines pour ceux qui décrochaient, qui ne pouvaient plus rebondir, termes commodes pour faire passer la responsabilité et le bâton de merde.
Les communautés sont malades, mais le français de souche comme certains disent l’est autant. Ne pas croire que la misère est segmentée. Dans les campagnes elle est silencieuse, soumise, sans même un relais de transmission.
Les nantis se complaisent dans le malaise des banlieues, de façon finalement à faire croire que ça se passe finalement bien mieux ailleurs.
Bien- mieux ; il y a un mot de trop au moins, dans cette égalité.
On cherche à tout prix à nous cliver, sous des prétextes parfois de rassemblement et ça marche.
Le clivage, le clivage, c’est la notion magique pour réussir, que les politiques, les mollahs et les curés de toutes chapelles, mais aussi bien sûr et surtout les patrons ont réactualisé, sortis de la trousse à outils obsolète de Machiavel, plutôt que de prendre les verres de lunettes de Spinoza.
On tourne le dos aux lumières et on privatise l’électricité.
A quoi se raccrocher : Modérément à la tribu et à ses excès, ses chants qui vous font entonner un champ nazi sans vous en apercevoir.
Moi je fais confiance à la poésie, et à la marche à pied, à mes vieux classiques qui me tiennent à distance de la rumeur imbécile du monde, la musique, à la pratique du vélo, une roue sur le bord du précipice.