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Commentaire de Le p’tit Charles

sur 4 journalistes américains « liquidés » en moins de 24 heures ?


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Le p’tit Charles 27 février 2015 11:07

Avant la chute de l’URSS, la consultation de ces archives est une aventure extrêmement difficile qui se solde souvent par des échecs. Les archivistes soviétiques ont développé une très forte propension à la conservation du secret, voulue par le régime lui-même. Ainsi, pour obtenir des archives spécifiques, il faut consulter des opisi, nom russe donné aux inventaires, mais ces derniers, pour beaucoup de sujets sensibles, ne sont en aucun cas disponibles pour les chercheurs étrangers . Chez les chercheurs soviétiques, la consultation n’est accordée qu’en de rares occasions. De plus, le personnel ignore l’existence de certains opisi, le régime soviétique redoutant même de partager l’information de ses archives avec ses propres archivistes .....En 1991, au moment de l’implosion de l’URSS, le nouveau pouvoir, sous l’égide de Boris Eltsine, va permettre une consultation presque totale des anciennes archives soviétiques. Nous disons presque totale, parce que certains secteurs sont restés complètement fermés. C’est le cas notamment des archives dites « présidentielles », de celles du KGB et, dans une moindre mesure, des archives des affaires étrangères . Le nouveau pouvoir prend possession assez rapidement de tout le complexe archivistique de l’ancienne URSS. Eltsine va commencer par nommer l’historien Rudolph Pikhoja à la tête des archives russes . Il est responsable de l’ensemble des dépôts et centres de recherches à travers le territoire. De plus, le gouvernement russe procède à une refonte assez rapide des différents instituts et en modifie leur appellation. Ainsi, les anciennes « Archives centrales du Parti auprès de l’Institut du marxisme-léninisme » deviennent le « Centre russe de conservation et d’étude des documents d’histoire contemporaine » (CRCEDHC) . Cette restructuration touche l’ensemble de la Russie et des anciennes républiques de l’URSS ....Analysons maintenant les différentes étapes qui ont caractérisé l’accès aux archives soviétiques. Tout d’abord, de 1991 à 1993, la consultation, mis à part pour les archives « présidentielles » et celles du KGB, n’est absolument pas réglementée. Tout le monde, journalistes et historiens, étrangers ou non, peuvent avoir accès aux différents centres se trouvant sur le territoire . De plus, en parallèle, le nouveau gouvernement russe, dans un désir de discréditer l’ancien régime, nomme une commission spéciale, la commission Poltoranine, chargée de déclassifier et de rendre publics des documents concernant la gestion de l’État soviétique de 1986 à 1991, ainsi que les liens de Moscou avec les différents partis communistes dans le monde . En juillet 1993, le gouvernement russe va voter une première loi qui vise à réglementer la consultation des archives soviétiques . Cette législation ressemble beaucoup à celles de l’Ouest et établit un délai de 30 ans pour la consultation publique, avec certaines exceptions concernant les questions de sécurité nationale, d’économie et d’affaires étrangères. L’État russe reprend ainsi la voie « normale » en matière archivistique....De 1993 à 1996, la consultation des archives demeure assez ouverte, malgré la loi nouvellement adoptée. Cela s’explique par les différents contrats passés entre le gouvernement et certains groupes de recherche extérieurs à la Russie. Ainsi, le Hoover Institute, groupe provenant des États-Unis, obtient le contrat exclusif de la publication, à l’étranger, du fonds entier des anciennes « Archives centrales d’État de la révolution d’octobre » . Cette situation de monopole, très mal perçue par l’opinion publique russe , a entraîné la recherche de contrats conjoints de publication. Ces derniers consistent à faire travailler le personnel russe et à utiliser son expertise pour la recherche et la publication, le tout étant financé par des instituts étrangers ....Depuis 1996, le gouvernement russe a refermé ses archives et applique la loi avec beaucoup plus de zèle, malgré la présence des étrangers et la poursuite de certains contrats de publication...Par Guillaume Marceau.


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