"...avec parfois moins de 25 %
des électeurs inscrit : beau score et belle démocratie !"
Tout est relatif. Un peu partout dans le monde, et
aussi en France, et sur AgoraVox, il y a un tas de gens – et peut-être vous-même, si ça se trouve - qui
ont célébré un résultat semblable comme une éclatante victoire, parce qu’il
avait été obtenu par le parti Syriza, lors des élections législatives grecques
du 25 janvier.
Mieux, ou pire, cette formation a frôlé la majorité
absolue des sièges du parlement, avec les voix de 36 % des électrices et des
électeurs, c’est-à-dire contre l’avis de 64 % d’icelles et d’iceux. Ca n’a pas
choqué grand-monde. De là à dire qu’on est moins regardant quand la victoire va
à une formation que l’on agrée, il n’y a qu’un tout petit pas.
Par ailleurs, j’attire votre attention sur le fait
que la Suisse, qui passe pour une démocratie exemplaire, enregistre des taux de
participation aux élections législatives inférieurs à 50 % depuis 1979.
Entre 1995 et 2011, il a oscillé entre 42,2 % et 48.5
%. En jouant à votre petit jeu de la relativisation, on constate que le premier
parti de la démocratie modèle, indépendamment de son étiquette, recueille les
suffrages de 12 à 15 % des inscrit(e)s au maximum
Or, à ma connaissance, parce que je suis de près ce
qu’il se passe dans ce qui peut apparaître comme un laboratoire du pouvoir au
peuple, cette primauté (relative), n’a jamais été remise en question par
personne*.
Peut-être, justement, parce qu’il s’agit d’une
démocratie exemplaire, qui considère que les abstentionnistes, se mettent
volontairement en marge du peuple souverain, et que, du coup, leur attitude n’a
pas plus à être prise en compte qu’analysée.
* Même après la « votation » de l’initiative
populaire « Contre l’immigration de masse » du 9 février 2014, où le
OUI l’a emporté à hauteur de 50.33 % contre 49,67 %, avec une participation de
56.57 % (élevée pour le pays) avec une différence de 20’000 voix sur près de 3
millions de suffrages exprimés, les battus se sont soumis au verdict des urnes,
sans aller chercher un irrecevable argument dans le fait que l’initiative n’avait
été adoptée que par 28,5 % des inscrits, et non approuvée par 71,5 % des mêmes.