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Commentaire de Christophe

sur La situation critique du syndicalisme français


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Christophe 14 mai 2015 19:01

Bonjour,

J’aimerais rectifier un point qui me semble important.

Vous écrivez : Et si l’on admet que la vocation du syndicalisme est de défendre avant tout les intérêts des salariés à l’intérieur d’un espace de démocratie

Par définition, tout syndicat défend les intérêts de ses adhérents et non d’un ensemble x ou y convenu. Les syndicats de salarié défendent donc les intérêts de leurs adhérents, ils n’ont pas à défendre les intérêts des non syndiqués.

Vous comparez, comme l’a indiqué un intervenant auparavant, des choux et des carottes, de telles comparaisons ne mènent à rien. Vous devriez lire l’ouvrage collectif du CNRS « le syndicalisme dans le monde » pour avoir de plus amples renseignements et construire un raisonnement qui se tienne un minimum.

Dans beaucoup de pays que vous citez, la syndicalisation est obligatoire, ou elle est forcée par une législation qui vous y pousse, que ce soit en Allemagne, en Angleterre, ... Par exemple, en Angleterre, les premiers à être licenciés en cas de difficulté sont ... les non syndiqués, les syndiqués sont protégés par la loi anglaise. Mettez cela en pratique en France et vous verrez les rangs des syndicats grossir à vue d’oeil. Bon, je vous accorde que les trades unions (et pas uniquement unions smiley ) en Angleterre sont très politisées, le parti travailliste étant le bras politique des syndicats anglais.

Lorsque nous parlons de représentativité (le nombre d’adhérent par exemple), il faut faire très attention ! Vous alignez des chiffres, mais l’histoire du syndicalisme en France est parlante en ce domaine, la plupart des accords signés l’ont été par des organisations qui, dans le total de leur représentativité aux regard des règles d’aujourd’hui, étaient minoritaires ; les nombres d’adhérents ne sont pas parlant pour donner un sens au progrès social.

Quand nous nous intéressons un tant soit peu au monde syndical, aussi bien français que mondial, l’hypothèse sur laquelle repose votre propos est battue en brêche. Ce n’est pas plus ou moins de pluralité qui pose souci, mais les méthodes, voir les législations, qui poussent à la syndicalisation (Allemagne, Grande-Bretagne, ...).

La France est cependant un cas totalement atypique, cela je vous l’accorde. La différence française ne repose pas sur le nombre d’organisations syndicales, mais sur le fait que les non syndiqués puissent profiter des mesures prises par les engagements syndicaux tout en ne s’engageant pas ; et dans le monde du travail d’aujourd’hui, il est plus sécurisant de ne pas s’engager sachant que l’engagement peut coûter alors que les gains sont assurés.


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