@César Castique
Que ces quatre titres disent du bien de
ce film constitue, de mon point de vue, un élément de dissuasion rédhibitoire.
Ce n’est pas parce que mon adversaire idéologique exprime un avis que je me sentirai obligé d’être d’un avis contraire.
Ce n’est pas un film sur les migrants, mais sur les gens qui les voient arriver.
Cela permet de se poser des questions comme « Et si ces migrants arrivaient dans ma ville ? »
*****************
Ce constat a conduit l’ancienne sous-secrétaire d’Etat
italienne Daniela Santanchè à penser que nous sommes en présence d’une
invasion, financée par des organismes qui cherchent à déstabiliser
l’Europe en opposant les peuples prétendument souverains - qui dans bien
des endroits n’en peuvent déjà plus - aux gouvernants qui les ignorent,
tout en facilitant la pénétration de djihadistes prêts à passer à
l’action lorsque l’ordre leur en sera donné.
C’est peut-être vrai.
Mais je pense que ce sont des « hommes d’affaires » qui voient dans cette activité un moyen de s’enrichir.
Un de nos Observateurs a pu enregistrer en secret une conversation au
cours de laquelle un trafiquant installé en Turquie explique comment
sont organisés les passages de migrants vers l’Europe. Une description
aussi cynique que détaillée de ces voyages à très hauts risques.
La Turquie est un carrefour pour les migrants en provenance du
Moyen-Orient cherchant à rejoindre l’Europe. Parmi eux, des dizaines de
milliers d’Iraquiens, d’Iraniens et d’Afghans mais la plupart sont des
Syriens qui ont fui la guerre. Depuis l’éclatement du conflit, en 2011,
ils sont plus d’un million à s’être rendus en Turquie. Ceux disposant de
moyens financiers suffisants essaient le plus souvent de quitter la
Turquie pour rejoindre des pays d’Europe, où ils ont plus de chance
d’obtenir l’asile politique. Dans ce contexte, la Turquie est devenue un
véritable paradis pour les passeurs.
...
Ahmad, un Afghan installé à Ankara, est l’un de ces trafiquants. Notre
Observateur, dont nous tenons à garder l’identité secrète pour des
raisons de sécurité, a enregistré en secret cette conversation avec lui
en dari (l’une des variantes du persan, NDLR). Des parties de la
retranscription de l’enregistrement ci-dessous ont été réorganisées pour
davantage de clarté.
Actuellement, environ 80 % de nos clients sont Syriens. Les autres
sont Irakiens, Iraniens ou Afghans. Ils ont rarement une destination
précise en tête. On les emmène en Italie ou en Autriche, et ils peuvent
ensuite décider de se rendre dans un autre pays, en se débrouillant.
Les prix varient énormément selon les passeurs : tout dépend vraiment de
l’argent qu’ils sont prêts à dépenser pour sécuriser le passage de
leurs clients. S’ils veulent dépenser très peu d’argent, il y a plus de
risques que les clients soient attrapés. Mais que ces derniers soient
arrêtés ou meurent, qui s’en soucie ? Ils ont déjà reçu une partie de
l’argent en amont, donc ils ne sont jamais perdants.
Il est possible de quitter la Turquie par voie maritime, aérienne ou
terrestre. Quand les migrants choisissent la voie maritime, ils
rejoignent alors la Grèce. S’ils veulent faire la traversée à bord
d’embarcations gonflables, ça leur coûte 1 600 euros. Le voyage à bord
d’un bateau de pêche coûte 2 400 euros, et à bord de bateaux de
croisière 3 200 euros. Pour les bateaux de croisière, les passeurs
emmènent les migrants dans des petits bateaux jusqu’à la limite des
eaux territoriales grecques et de là, ils font monter les réfugiés à
bord avec la complicité de membres de l’équipage.
Le moyen le moins cher de quitter la Turquie reste la voie terrestre. Si
les migrants veulent voyager dans un conteneur à bord d’un camion pour
atteindre l’Italie ou l’Autriche, ils doivent dépenser 800 euros.
...
L’an dernier, les autorités italiennes ont sauvé au moins 150 000 migrants en Méditerranée, via le programme « Mare Nostrum ». Elles ont toutefois décidé d’y mettre fin à l’automne 2014, faute de soutien de la part d’autres pays européens. Une initiative européenne était censée le remplacer, mais celle-ci semble compromise après le refus du Royaume-Uni d’y participer. Le ministère britannique des Affaires étrangères a déclaré que le programme envisagé encouragerait les migrants à prendre davantage de risques pour tenter la traversée. Au moins 2 500 migrants sont morts en mer depuis le début de l’année.
En parallèle de ces négociations, Frontex, l’agence chargée de surveiller les frontières extérieures de l’UE, a lancé l’opération Triton au mois de novembre. Son objectif est principalement de contrôler les frontières par le biais de patrouilles pouvant aller jusqu’à 30 miles des côtes italiennes. Mais Triton ne prévoit ni la recherche, ni le sauvetage de personnes en danger.
Cet article a été écrit en collaboration avec Ershad Alijani (@ErshadAlijani), journaliste à France 24.
05/03 00:44 - pivac
Article intéressant merci aussi, ce film prend en ce moment une tournure tellement (...)
16/05 09:36 - Saltz
@Mowgli J’aurais préféré que vous développiez votre argumentation en termes plus (...)
16/05 01:04 - Mowgli
@Orélien Péréol Avec six mille euros vous avez de quoi vous faire faire tous les faux papiers (...)
15/05 15:24 - César Castique
@Saltz « Ce n’est pas un film sur les migrants, mais sur les gens qui les voient (...)
15/05 12:49 - Saltz
@César Castique Que ces quatre titres disent du bien de ce film constitue, de mon point de (...)
15/05 11:40 - César Castique
@Saltz « Regardez-le ne serait-ce que... » Ce ne sera pas nécessaire. J’ai recherché (...)
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