L’auteur prends quelques libertés avec la réalité des choses.
Par exemple, pourquoi prendre pour exemple un couple de lesbiennes alors que 75 % des GPA sont le fait de couples hétérosexuels ?
Pour comprendre le « succès » de la GPA, il faut voir quelle est la situation des couples ayant des difficultés à avoir un enfant.
Pour l’immense majorité, il s’agit de couples hétéros pour qui la PMA est difficile ou impossible quand les critères d’admissibilité ne sont pas remplis.
Soyons indugents. Parfois, c’est le système qui exclu certains couples par ses lenteurs et ses dysfonctionnements et font passer la femme du mauvais coté de la limite d’age.
Il y a la solution de l’adoption, vous me direz.
Sauf qu’en France, le système est fait pour décourager les couples : la procédure d’agrément, obligatoire, peut durer un an plein. En cas de rejet, les appels sont presque impossibles et un couple ne peut plus postuler avant 4 ans.
Ensuite, il y a peu d’enfants adoptables alors que les centres de la DDASS débordent. Les lois actuelles privilégient le lien familial potentiel. Si un enfant placé ne reçoit ne serait-ce qu’une lettre ou un coup de fil de son père ou sa mère par an, il n’est pas considéré comme adoptable et doit rester en foyer ou balloté entre les familles d’accueil.
La question est de savoir si une carte postale par an constitue une forme d’affection suffisante pour le bien être de l’enfant.
L’adoption internationale est elle de plus en plus difficile : de plus en plus de pays signent la convention de Copenhague, qui privilégie l’adoption intra-nationale avant tout. Les enfants qui se retrouvent sur le marché sont dès lors les restes du marché local : enfants âgés (plus de 8 ans), fratries ou handicapés.
Il faut ne pas s’offusquer du terme « marché » car c’est la réalité des choses. Pour adopter à l’étranger, il faut passer par des organismes locaux et vos dossiers n’avancent pas en fonction de votre ordre d’arrivée, mais du « don » que vous faites aux orphelinats. En dessous de 5 000 euros de « don », votre dossier restera au point mort, vous pouvez en être certain.
Quand on voit la réalité des choses, on comprend pourquoi de plus en plus de couples se tournent vers la GPA. Moins cher qu’une adoption classique ou plénière, plus rapide aussi et en prime, un lien biologique avec l’enfant pour au moins un des parents.
L’aspect moral ? Là aussi il ne faut pas caricaturer. Les détracteurs qui s’imaginent des fermes d’élevage avec des femmes alignées dans des étables façon vaches contre leur gré sont dans leur tort.
En réalité, les pays autorisant la GPA ont introduit des règles très claires et strictes. Les femmes doivent avoir déjà été mères, signer un contrat. Certains imposent un nombre limité de grossesses et tous font signer un contrat légal. Les contentieux juridiques existent, mais ils restent faibles par rapport au nombre de grossesses réalisées.
L’exploitation est surtout dans la tête des détracteurs. En Inde, la grande majorité des mères porteuses ne réalisent que deux ou trois contrats. L’argent récolté ( enfin, ce qui en reste une fois les avocats et les médecins payés... ) sert avant tout à l’élevage de leurs enfants propres. Il est, de mon point de vue, moral de voir ces familles pouvoir envoyer leurs enfants à l’université avec l’argent récolté plutôt que de les voir cantonnés à des travaux de misère.
Ce qui nuit avant tout, ce sont les idées préconçues. Regardez ce qui se fait avant de faire passer vos croyances en premier.