• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de Surya

sur Violences à Brest, le « Far West » à la française ?


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Surya Surya 16 juillet 2015 13:08

Fabien, (permettez que je vous appelle par votre prénom), je comprends votre colère et je la partage. Cette jeune fille a vécu une agression et un traumatisme inacceptables et intolérables. J’espère qu’elle va bien, en tout cas pas trop mal, et qu’elle s’en est remise (ou sur la voie de s’en remettre). 


Le problème, c’est qu’on dirait que vous découvrez subitement que la violence existe. La violence dans les grandes villes a toujours existé. Peut être moins dans les plus petites villes que dans les capitales, mais elle a toujours existé. Elle est le fait de personnes exclues de la société, ou qui se sentent, à tord ou à raison (mais malheureusement souvent à raison) exclues de la société. 

Voius dites : « Les éternels anciens combattants de mai 68, les libéraux-libertaires et autres bobos en tous genres vont encore nous seriner leur axiome de l’excuse sociale, les discriminations et autres fadaises... » 
C’est vrai que ça peut être agaçant dans la mesure où ces excuses que certains trouvent à des délinquants ne sont parfois pas accompagnées de la condamnation de leurs actes, ni d’indignation. 
Mais comme le dit plus haut Chalot, être un ancien 68tard ne signifie pas forcément être laxiste. 
Cela dit, même les tribunaux, lorsqu’ils jugent quelqu’un, essayent toujours de voir le parcours de la personne : enfance difficile, violences subies, exclusion etc. C’est le boulot des avocats de l’accusé d’essayer de faire prendre en compte par les juges ces « circonstances atténuantes » afin de réduire leur peine. Sinon, si vous préférez, on supprime tout de suite les avocats pour les accusés, et on ne les autorise que pour les victimes. Je pense personnellement qu’il faut absolument prendre en compte les circonstances atténuantes, mais ne pas le faire dans le sens de « trouver des excuses » à la personne. Il faut le faire dans un but d’essayer de récupérer la personne. Ce qui n’exclue pas, dans un premier temps, une sanction à la mesure de ce que la personne a fait. Et si la sanction est sévère, ben le délinquant l’a quand même bien cherché ! Désolée, mais on n’agresse pas comme ça les gens dans la rue, un point c’est tout !

Vouloir à tout prix créer une relation de cause à effet entre immigration et délinquance est une abbération. Déjà, les petits crétins qui ont agressé cette jeune fille ne sont très certainement pas des immigrés. Ils sont sans aucun doute nés en France, et Français. Ce que vous leur reprochez, en fait, c’est que leurs parents (ou grands parents) étaient, eux, des immigrés. En gros, vous leur reprochez leur tête d’immigré. La preuve, c’est que, comme je le disais plus haut, la violence a toujours existé. 

Je me souviens des « blousons noirs » dans les années 80, ce n’étaient pas des tendres ! Une copine et moi on s’est fait racketer un soir dans la rue, on ne s’est pas fait taper dessus ni rien de pire, mais les mecs ne rigolaient quand même pas. Une autre fois, trois « blousons noirs » s’en sont pris à moi dans le métro, j’étais toute jeune à l’époque, au bout d’un moment ils se sont mis à me frapper violemment la tête avec une sorte de casquette (évidemment personne dans le wagon ne m’a aidée) et comme on m’avait conseillé dans ces cas de ne surtout pas me laisser faire et ne jamais, jamais baisser les yeux devant eux, c’est ce que fait, je leur ai gueulé dessus et ensuite je n’ai pas lâché leur regard une seule seconde, et heureusement ça a marché et ils m’ont fichu la paix. Dans les années 90, deux nénettes m’ont demandé une clope dans la rue, je leur ai répondu que je ne fumais pas, et me suis reçue pour toute réponse une claque dans la figure. J’ai balancé une baffe en retour de courrier à la nenette qui m’avait donné la claque, et je me suis reçue par l’autre un magistral coup de pieds dans le ventre qui m’a clouée sur place. Voilà pour ma petite expérience personnelle de violences dans la cité, heureusement ça s’arrête là, mais tout ça pour vous rappeler que la violence a toujours existé, que malheureusement je crains qu’elle existe toujours, et qu’elle vient de partout. 

Ce peut être le fait d’immigrés, ce peut être le fait de fils ou filles d’immigrés (les deux nenettes, à moins qu’elles n’aient immigré elles mêmes, c’est pas écrit sur la tête des gens, et c’est pas le problème), ce peut être le fait de « Français de souche », si, si, je vous assure... 

Il faut arrêter maintenant de vouloir à tout prix rendre les immigrés ou enfants d’immigrés, ou petits enfants d’immigrés, responsables de tous les maux de la société. Et n’allez pas me répondre que jamais dans votre article vous n’avez pointé du doigt les immigrés, c’est vrai que vous ne le dîtes pas ouvertement mais c’est sous entendu. 

Je suis moi même fille d’immigré, et pas délinquante du tout. Et personne dans ma famille ne l’a jamais été.


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès