Il faudra quand même rappeler que quand la presse aux ordres nous convainquait qu’il était urgent de faire la guerre à la Libye, il était impossible de trouver en bibliothèques une étude sociologique de ce pays, ni même une étude ethnographique, du reste préalable à toute sociologie dans un pays aussi disparate, de création récente. Je veux bien que les structures étatiques libyennes étaient fort faibles (Gaddafi faisait tout tout seul), qu’il n’y avait pas de tradition universitaire comme en Egypte, mais quand même... Un tel niveau d’ignorance ethnologique et sociologique devrait alerter. Il est strictement impossible d’établir une démocratie sans couches sociales en état de penser et de défendre la démocratie. On ne savait rien, on ne sait toujours pas.
Approuver la révolution égyptienne ? Là aussi les études scientifiques étaient introuvables.
Approuver l’insurrection islamique en Syrie ? Il a fallu Aymeric Chauprade pour nous livrer une étude historique et ethnologique qui tienne la route, et nous démontrer qu’il ne fallait surtout pas mettre les mains dans ce brasier multiséculaire.
Vendeur de dieux, Dugué voudrait vous recruter dans sa guerre contre les sciences ; il se conduit là en dangereux charlatan.
Sur un fil voisin Robert Bibeau cherche à vous convaincre que les savants et les instruits sont des traîtres à son prolétariat messianique, et se répand en insultes contre les instruits. Même style de charlatanerie.
Malgré Dugué, la science et les savants demeurent indispensables, et le sont de plus en plus à mesure des millénaires et des siècles. Certaines sciences sont nettement moins développées que d’autres, voire tragiquement sous-développées, et parfois soumises à corruption par les puissances. Je suis de ceux qui travaillent à les amender, et non à les détruire. J’en paye un prix élevé, parfois proche du martyre : le communautarisme et la corruption se défendent férocement.
S’il voulait faire oeuvre utile et honnête, Dugué vous démontrerait, après enquête détaillée, comment telle communauté d’apparence et de label « scientifique », se conduit de manière non scientifique, trahit la confiance que le contribuable est bien forcé de placer en eux tandis qu’il les finance contraint et forcé par l’impôt. Et s’il était scientifiquement fort, Dugué irait jusqu’à prouver comment ladite communauté dévoyée devrait s’amender, en prouvant les voies de progrès accessibles. Evidemment, Dugué ne fait rien de cela : gros manque de modestie, gros manque d’honnêteté.