@Antenor
Oui, c’est très intéressant. Il y a manifestement une similitude. Pour mon comté de Chalon, il est clair que le comte siège, ou vient siéger épisodiquement, au château de Taisey, même s’il vit la plupart du temps dans sa forteresse plus spacieuse de Mont-Saint-Vincent. Il est clair que le monastère de saint Marcel est dans sa dépendance et sous sa protection. Ce monastère est quelque fois appelé « villa » dans le sens de domaine foncier. Le seigneur y bénéficie de « redevances et de coutumes justes et injustes ». Il a donc intérêt à agrandir le domaine foncier du monastère par des dons de terres de provenance diverse, jusqu’à placer des églises et leurs biens sous sa gestion. Et cela en concurrence avec l’évêque qui siège en ville de Chalon.
Plutôt que votre trinôme, je vois plutôt une puissance féodale (le comte dans son château de Taisey + villa de saint Marcel) coexistant plus ou moins pacifiquement avec l’évêque qui siège dans la ville de Chalon.
C’est exactement ce que l’on peut déduire de mon article. L’évêque est dans la ville murée de Chalon. Il y préside les grandes cérémonies religieuses dans la grande cathédrale. Gontran n’y est pas admis. Il ne peut se faire construire qu’une petite église, mais aussi un monastère, idée géniale qui va faire de nombreux émules un peu partout.
Pour ce qui concerne l’Auvergne, il me semble qu’il en soit de même. Le seigneur est toujours au Crest (peut-être, je ne sais pas). Sa « villa/monastère » est à Moissac. Dans ce système, que devient la ville de Clermont avec son église de Notre-Dame du Port et son évêque (Étienne VI de Mercœur ?) Un évêque en concurrence face à un abbé et un seigneur que soutient le pape ? Tout cela n’est pas simple. (L’Alexandre de votre bulle n’est pas, apparemment, l’évêque de Clermont mais évêque de Rome, donc pape.)