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Accueil du site > Tribune Libre > Chalon-sur-Saône, antique Cabillo, la ville qui a oublié une partie de son (...)

Chalon-sur-Saône, antique Cabillo, la ville qui a oublié une partie de son histoire

À Chalon, dès le printemps, les bateaux de croisière déversent un flot de touristes sur les quais de la Saône et ceux-ci sont aussitôt embarqués dans des cars pour aller visiter, qui la ville de Beaune, qui la côte des vignobles, qui la ville d'Autun...

Quant à l'antique Cabillo que Strabon désigne pourtant comme la cité du peuple éduen - lequel, selon César, avait la prédominance en Gaule - il est rare qu'on s'y attarde.

C'est dommage ! Il serait temps qu'on prenne au sérieux mes écrits et qu'on invite les touristes à visiter les lieux historiques, méconnus, toujours debout, en voie de disparition, ou mal interprétés de notre antique cité. 

Oui, j'ai rêvé d'un circuit touristique qui partirait des quais, là où César a dit qu'on ne pouvait pas distinguer, à l'oeil nu, dans quel sens le fleuve coulait. Oui, j'ai rêvé qu'après la visite des remparts, on se porterait sur la colline de Taisey d'où on expliquerait toute l'histoire de notre cité, depuis l'époque des premiers hommes qui ont été séduits par ses eaux poissonneuses, ses forêts giboyeuses et son sol fertile. Il s'est trouvé ici tout ce qu'il fallait pour attirer, depuis le Proche-Orient, une première colonisation, celle qui nous a fait capitale et métropole religieuse de la Gaule (l'Alésia méconnue de Diodore de Sicile) ... une colonisation, dis-je, qui a marqué son passage par l'édification d'une forteresse dont il ne subsiste aujourd'hui qu'une tour... une forteresse devenue castrum, oppidum, puis château-fort des rois burgondes, du roi franc Gontran, puis des comtes de Chalon. Là où, ensuite, s'est élevé un château à la mode de Versailles.

La cathédrale de Chalon ? Une merveille à nulle autre pareille, première entre toutes ! Oubliez les deux tours collées sur la façade ! Ouvrez les yeux ! Voici le temple gaulois d'Apollon dont le rhéteur Eumène disait qu'il était le plus beau de tout l'univers.

Et ce n'est pas tout : le fameux monastère de saint Marcel, la basilique du roi Gontran ? Suivez-moi ! Nous allons redécouvrir ensemble ces deux monuments chargés d'histoire qu'on croyait disparus.

Chroniqueur du VII ème siècle, Frédégaire écrit : La vingt-quatrième année de son règne, plein d’amour de Dieu, Gontran fit bâtir avec soin et magnificence, dans le faubourg de Châlons, et cependant sur le territoire Séquanien, l’église de Saint-Marcel, où en récompense, repose aujourd’hui son corps. Il y fonda un monastère et dota l’église de beaucoup de biens...(1).

L'expression "et cependant sur le territoire séquanien" est manifestement un rajout postérieur de la part d'un copiste ou une erreur de l'auteur. D'une part, la phrase coule beaucoup mieux sans, d'autre part, ce que les textes anciens désignent comme étant les faubourgs de Chalon correspond à l'extension urbaine de la ville sur la voie Agrippa venant de Lyon, rive droite, et non à une urbanisation d'outre-Saône, rive gauche.

Mais le plus déterminant sont les chartes des cartulaires. Nous y apprenons de la plume même des moines que l'ancien prieuré de Saint-Marcel se trouvait ...

1) tout près de la Saône, avant la cité de Chalon
2) tout près de la Saône, près de la cité de Chalon
3) près du castrum de Chalon
4) dans le faubourg de la ville de Chalon
5) situé à deux mille de Chalon
6) dans le faubourg de Chalon (2)
7) dans le faubourg de la cité de Chalon (3)
8) sous l'oppidum de Chalon (4)

L'oppidum de Chalon se trouvant, suivant mes études développées par ailleurs, sur la colline de Taisey/Tasiacum, l'ancien monastère de St-Marcel ne pouvait se situer que dans la région de Lux/Droux/Sevrey (8° : sub oppidum). Et si le monastère se trouvait dans cette région, le castrum de Chalon, alias château fort, ne pouvait se dresser que sur la colline de Taisey (3° : prope castrum).

Je ne conteste pas le fait que l'abbaye de Saint-Marcel se soit établie, au XII ème siècle, sur la rive gauche de la Saône, à l'emplacement du village auquel elle a légué son nom. Mais est-ce logique de la situer ainsi à la fin du VI ème siècle alors que l'activité économique de Chalon se développait encore sur la rive droite ? Je ne le pense pas. En revanche, conformément au nouvel esprit qui soufflait de Citeaux, on comprend très bien que les moines se soient portés, par la suite, dans des lieux plus solitaires en emportant les reliques de leur saint patron.

À cela s'ajoutent les Actes de saint Marcel qui, dans leur rédaction originale - et non dans les arrangements postérieurs - disent clairement qu'au IIème siècle, le saint a bien traversé le fleuve, de la rive gauche à la rive droite - dans le pays d'Argentomagus - pour y subir le dernier acte de son martyre, à trois kilomètres environ de la ville, au sanctuaire d'Amon que je situe au castrum de Taisey (5). Voyez mes articles dans lesquels j'identifie Argentomagus au castrum de Taisey. 

Ces actes nous relatent l'arrestation et les souffrances du martyr sous le règne de Marc-Aurèle Antonin, en l'an 177. Les statues devant lesquelles saint Marcel fut exposé nous donnent une idée de ce que pouvait être Chalon-sur-Saône à cette époque. Une statue de Saturne se dressait au bord de la Saône. Une représentation du soleil était sculptée sur le mur de la porte séquane. Enfin, à deux mille pas de l'agglomération se trouvait le sanctuaire d'Ammon, le dieu d'Egypte. Sa statue toute en verre couronnait le faîte d'une colonne.

Sachant qu'Ammon était le dieu d'Egypte, dieu païen par excellence pour saint Marcel et ses disciples, on devine que le rédacteur des Actes a utilisé cette expression méprisante pour désigner la vieille forteresse de Taisey. Quant à la statue toute en verre placée en haut d'une colonne, ce ne pouvait être qu'un Jupiter, le Dieu du ciel que César dit être honoré par les Gaulois.

Le rédacteur des Actes place la ville de Chalon à deux mille pas de ce sanctuaire. A deux mille pas de la tour de Taisey, nous tombons, en effet, sur le quartier du vieux Chalon. Il ne semble pas qu'à cette époque, cet embryon de ville ait déjà été ceinturé d'un rempart : il y avait une statue de Saturne au bord de la Saône, et saint Marcel a franchi la Saône par un gué probablement fréquenté puisque cela le conduisit directement à la villa du gouverneur romain qui se trouvait manifestement en terrain vague... au milieu des vignes et à l'ombre de quelques saules (on en a retrouvé la trace à La Vigne-aux-Saules).

Mais il y a surtout la description du monastère - toujours debout - pour la construction duquel Gontran a mobilisé les habitants des localités voisines... Dieu, Ordonnateur de l'univers, a établi son règne. Gontran, roi, serviteur des serviteurs de Dieu, à tous les fils de notre Sainte Mère l'Eglise, salut ! Maintenant que nous avons chassé le péché de notre cœur, c'est avec douleur, hélas ! que nous voyons les églises bâties pour les hommages célestes sombrer dans la ruine du fait de la rapacité démesurée des “Premiers” et de la négligence et de l'incurie des prélats. C'est avec une peine indicible que nous constatons que nous ne pouvons venir en aide à toutes ces églises. Cependant, nous ne voulons pas arriver dans la maison de Dieu, les mains vides ; aussi nous ordonnons que l'une d'entre elles au moins, celle du très glorieux martyr Marcel de Chalon dont nous avons construit la basilique avec l'aide de Dieu, soit enrichie de domaines assez importants. Nous ordonnons également qu'on lui bâtisse des annexes. 

Notre avis auquel nous donnons le poids de l'autorité royale est le suivant : les serfs (puisqu'ils sont sur place) construiront l'hostellerie, ceux de Gergiaco (Gergy) et d'Alciaco, le bâtiment pour se chauffer, y compris les cheminées, ceux de Mercureis (Mercurey) et de Canobis, le hangar ; ceux de Floriaco (Fleurey) feront les travaux devant l'église, la sacristie et le magasin ; les moines qui habitent ici enverront des ouvriers. Ceux de Viriniaco (Virey) l'église, la sacristie et le magasin ; les moines qui habitent ici enverront des ouvriers. Ceux de Viriniaco (Virey) seront chargés des travaux à l'entrée du cloître. Le passage couvert de St Pierre sera réalisé pour moitié par ceux de Rosiaco (Rosey) et pour moitié par ceux de Berineis (Bragny ?), de Thapariaco et de Blaico.
L'office et les cuisines seront bâtis par ceux d'Arco, de Ogniaco (Ozenay) et de Liliaco (Lys). Ceux qui habitent à Trevis et à Lingis feront le réfectoire et ceux de Litua, de Scociolis, de Oriengis et d'Aquis (Rully/Agneux) seront chargés d'effectuer les travaux qu'il faudra faire pour terminer l'ouvrage. 
Voici ce que nous avons décidé. Que ceux qui troublent ces dispositions soient rayés du livre de vie. Amen. (6) 

Et ce n'est pas tout. Il vous faut maintenant aller dans l'église voisine pour y retrouver la basilique du roi Gontran, interpréter les chapitaux et les fresques qui s'inscrivent dans l'héritage des fresques de Gourdon, aller à l'autel pour voir l'armoire aux reliques (les os, reliques, de saint Marcel n'y sont plus) et enfin, interpréter celle-ci ( à gauche, plutôt que le roi Gontran, il s'agit peut-être d'un autre saint, patron des tailleurs de pierre, dont j'ai oublié le nom) : 

 

Le roi Gontran a, certes, bien été inhumé dans son église mais dans un mausolée, autrement dit dans une châsse, aujourd’hui disparue. En revanche, si les textes sont exacts, on devrait retrouver les sarcophages et les corps des évêques Sylvestre et Agricola sous la dalle à gauche et sous la dalle à droite de l’autel... moins quelques os/reliques qui ont été prélevés et conservés dans une châsse dans l’actuelle église de Saint-Marcel. Les textes parlent également d’une crypte bien décorée contigüe au bâtiment mais qui tombait en ruines. Cette crypte se trouvait peut-être dans le prolongement de l’abside.

Mais qui était ce roi Gontran qui mourut à Chalon-sur-Saône à l'âge de 60 ans, le 28 mars 593, après un règne de 32 ans ? On dit qu'il eut une vie fort licencieuse. L'évêque Grégoire de Tours l'a souvent égratigné dans son Histoire des Francs. Or, il faut bien se rendre compte qu'il y avait un fossé de culture entre cet historien issu des plus grandes familles des Gaules et le chef militaire franc un peu rustre mais placé face aux réalités. Pratiquement en charge de toute la Gaule après le décés de ses frères, il faut reconnaître à Gontran le mérite d'avoir, depuis Chalon, fait cesser les troubles et les désordres qui désolaient les royaumes francs. On a cherché le palais du roi franc au sang mêlé de Burgonde dans la ville de Chalon même, sur la butte du Châtelet ; c'est une erreur. Ce palais n'était ni de marbre, ni de stuc, mais de pierres et d'enduits rustiques, et surtout fortifié. Le palais du roi Gontran ne pouvait se trouver que sur la colline de Taisey. Par un grand pont, on accédait au castrum - la tour toujours existante mais sans ses crénaux -. Un autre pont conduisait à l'oppidum (ses traces sont toujours visibles).

Emile Mourey, 23 septembre 2015

Renvois.

1. Chroniques de Frédégaire, Chro, premiers paragraphes.
2. Cartulaire de St-Marcel n° 12,16, 26. n° 13. n° 17. n° 39 et 55. n° 72 (2 mille = 3 km). n° 213.
3. Cartulaire de St-Vincent de Mâcon n° 144.
4. Cartulaire de St-Marcel n° 3.
5. Acta sanctorum. Traduction Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Chalon-sur-Saône, Histoire des évêques de Chalon-sur-Saône par J-L. Bazin.
6. Canat de Chizy ; cartulaire du prieuré de Saint-Marcel-les-Chalon, charte n°7.

 

 


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15 réactions à cet article    


  • Antenor Antenor 24 septembre 2015 20:14

    Cette proximité entre l’abbaye Saint-Marcel et Taisey est intéressante parce qu’en Auvergne, le Crest dépendait de l’abbaye royale de Mozac (en ciblant le chapitre cathédral de Clermont, j’étais pas loin du compte !)

    https://fr.wikisource.org/wiki/Bulle_de_confirmation_des_biens_et_privil%C3%A8ges_de_l%E2%80%99abbaye_de_Mozac_%281165%29

    A côté du Crest qui arrive en première place, on trouve d’importantes citadelles comme Chalus, Tournoël ou Montgascon. L’abbaye de Mozac jouait manifestement un rôle de premier plan au Moyen-Age en Auvergne.


    • Antenor Antenor 24 septembre 2015 20:25

      En Bourgogne, on aurait un trinôme Saint-Marcel (centre religieux), Chalon (ville capitale), Taisey (citadelle proche) avec le Mont-Saint-Vincent en citadelle chapeautant tout le pays.

      Et en Auvergne, le trinôme Mozac (centre religieux), Riom (ville capitale), Tournoel (citadelle proche) avec le Crest en citadelle chapeautant tout le pays.


    • Emile Mourey Emile Mourey 24 septembre 2015 22:25

      @Antenor


      Oui, c’est très intéressant. Il y a manifestement une similitude. Pour mon comté de Chalon, il est clair que le comte siège, ou vient siéger épisodiquement, au château de Taisey, même s’il vit la plupart du temps dans sa forteresse plus spacieuse de Mont-Saint-Vincent. Il est clair que le monastère de saint Marcel est dans sa dépendance et sous sa protection. Ce monastère est quelque fois appelé « villa » dans le sens de domaine foncier. Le seigneur y bénéficie de « redevances et de coutumes justes et injustes ». Il a donc intérêt à agrandir le domaine foncier du monastère par des dons de terres de provenance diverse, jusqu’à placer des églises et leurs biens sous sa gestion. Et cela en concurrence avec l’évêque qui siège en ville de Chalon. 

      Plutôt que votre trinôme, je vois plutôt une puissance féodale (le comte dans son château de Taisey + villa de saint Marcel) coexistant plus ou moins pacifiquement avec l’évêque qui siège dans la ville de Chalon.

      C’est exactement ce que l’on peut déduire de mon article. L’évêque est dans la ville murée de Chalon. Il y préside les grandes cérémonies religieuses dans la grande cathédrale. Gontran n’y est pas admis. Il ne peut se faire construire qu’une petite église, mais aussi un monastère, idée géniale qui va faire de nombreux émules un peu partout.

      Pour ce qui concerne l’Auvergne, il me semble qu’il en soit de même. Le seigneur est toujours au Crest (peut-être, je ne sais pas). Sa « villa/monastère » est à Moissac. Dans ce système, que devient la ville de Clermont avec son église de Notre-Dame du Port et son évêque (Étienne VI de Mercœur ?) Un évêque en concurrence face à un abbé et un seigneur que soutient le pape ? Tout cela n’est pas simple. (L’Alexandre de votre bulle n’est pas, apparemment, l’évêque de Clermont mais évêque de Rome, donc pape.)

    • Emile Mourey Emile Mourey 25 septembre 2015 01:07

      @Antenor


      En 1120, pour contrecarrer le pouvoir des évêques, les comtes d’Auvergne fondent à proximité de la ville épiscopale la cité de Montferrand (wikipédia).
      Nous sommes donc bien, comme à Chalon, dans une situation de concurrence et de rivalité entre le comte et l’évêque. Où siègent les comtes d’Auvergne ? Probablement dans des châteaux plus ou moins loin du Crest. Je ne vois pas, en effet, au Crest, un château suffisamment spacieux pour héberger un comte et sa suite.

    • Antenor Antenor 25 septembre 2015 14:28

      @ Emile

      La situation des Comtes d’Auvergne semble avoir été plus précaire que celles des Comtes de Chalon. Même si le Comté de Chalon a fini par être supprimé au XIII ème siècle et Mont-Saint-Vincent rattaché directement au Duché de Bourgogne.

      Si on trouve autant de noms différents à la tête du Crest, c’est parce qu’il devait s’agir de capitaines désignés par Mozac. Je ne comprenais pas pourquoi lors du dépeçage de l’Auvergne à la fin du XIVème siècle par le Duc Jean II du Berry, ce dernier avait récupéré Usson et laisser Le Crest à Oudart de Chazeron, son fidèle second. Il faudrait vérifier mais la nomination de Chazeron au Crest a sans doute été réalisée en concertation avec Mozac qui veillait aux intérêts du Roi de France.

      Ensuite, le titre de Comte d’Auvergne a été récupéré par la famille de la Tour d’Auvergne (ancêtre de Catherine de Médicis). Saint-Saturnin était une de leur principale résidence. La situation de l’Auvergne était doublement compliquée parce qu’elle comptait deux capitales économiques, Riom et Clermont (voir trois avec Issoire).

      L’Evêque tenait Clermont et quelques belles forteresses comme Mauzun et Vertaizon. La proximité de Riom peut faire penser que l’Abbaye de Mozac y jouait un grand rôle. A cela s’ajoute en effet le Montferrand des Comtes. On a aussi un bel imbroglio autour d’Issoire cernée par les forteresses d’Usson (comtes puis ducs), Chalus (Mozac) et Vodable (Dauphins, branche rivale des Comtes).

      Il faudrait pouvoir remonter au moment où les fonctions de comte et d’évêque ont été séparées. L’Abbaye Royale de Mozac a dû être créée justement parce que les titulaires de ces charges prenaient de plus en plus leurs distances avec le pouvoir royal. Mozac était en quelque sorte une préfecture religieuse chargée de surveiller le Comte et l’Evêque.


    • Emile Mourey Emile Mourey 25 septembre 2015 15:22

      @Antenor


      Vous dites : Si on trouve autant de noms différents à la tête du Crest, c’est parce qu’il devait s’agir de capitaines désignés par Mozac.

      Oui, mais désignés plutôt par le comte ou le roi. Je ne sais pas si l’histoire a parlé des abbés de Mozac comme elle a parlé des abbés de Cluny. Apparemment, nous sommes dans une situation semblable où le roi veut s’imposer aux dépens et au-delà de la rivalité comte/évêque.

      Mais quand je lis dans Wikipédia que l’abbaye de Mozac a été fondée à la fin du VII ème siècle et que c’est une des plus anciennes, alors que j’explique dans mes articles que c’est une fondation essénienne de l’an - 88, comment voulez-vous qu’on s’y retrouve dans ce foutoir alors que les choses sont simples si on reprend le fil depuis le début.

      Colonie immigrée venue du Proche-orient pour renforcer au départ le pouvoir du Crest (cf chapiteau de Jonas), et de Clermont, elle les a finalement supplantés en faisant grandir Riom. C’est le phénomène bien connu du grand remplacement, valable en tous temps.

    • Mmarvinbear Mmarvinbear 25 septembre 2015 12:00

      Les Gaulois étaient sacrément en avance alors... Ils connaissaient le Gothique mille ans avant son apparition...^^


      • Emile Mourey Emile Mourey 25 septembre 2015 13:09

        @Mmarvinbear


        L’art gothique ou art français (en latin francigenum opus) est une période artistique s’étendant sur environ quatre cents ans, qui s’est développé à partir de la seconde partie du Moyen Âge en France puis en Europe occidentale (Wikipédia).

        Qu’est-ce que vous voulez dire ? Je ne parle pas de « gothique » dans mon article ?

      • Mmarvinbear Mmarvinbear 26 septembre 2015 02:26

        « La cathédrale de Chalon ? Une merveille à nulle autre pareille, première entre toutes ! Oubliez les deux tours collées sur la façade ! Ouvrez les yeux ! Voici le temple gaulois d’Apollon dont le rhéteur Eumène disait qu’il était le plus beau de tout l’univers. »


        Il suffit de voir cette cathédrale pour voir que même sans ses deux tours, c’est une construction d’un gothique classique qui n’a rien d’antique dans ses proportions, ses formes ou son aspect !

        • Emile Mourey Emile Mourey 26 septembre 2015 11:13

          @Mmarvinbear

          Vous jugez sur impression, je juge en m’appuyant sur les textes suivant ma logique militaire.

        • Antenor Antenor 26 septembre 2015 12:16

          @Emile

          D’accord pour utiliser la logique militaire pour localiser Gergovie mais pas pour dater Mozac. Les chapiteaux de Mozac ont pu être sculptés en souvenir d’évènements ayant eu lieu plusieurs siècles auparavant. Comme quand les Grecs de l’époque classique peignaient ou sculptaient des héros homériques. On trouve à Mozac plein de traces de réemplois de vestiges antiques plus anciens. Le chapiteau de Jonas pourrait tout aussi bien évoquer les expéditions maritimes des Croisés.

          Un autre exemple similaire de forteresse associée à une abbaye : Alise-Sainte-Reine et l’Abbaye de Flavigny sur Ozerain !


        • Emile Mourey Emile Mourey 26 septembre 2015 14:18

          @Antenor
           

          Les chapiteaux de Mozac ont pu être sculptés en souvenir d’évènements ayant eu lieu plusieurs siècles auparavant.

          C’est une possibilité bien que peu probable. Époque des croisés ? Je ne vois pas. Mon raisonnement n’est pas seulement militaire. Le tympan de Mozac ne peut s’expliquer que par l’arrivée des esséniens en l’an - 88

          Alise et l’abbaye de Flavigny, d’accord.

        • Antenor Antenor 11 octobre 2015 15:33

          @ Emile

          Un autre exemple de citadelle « semi-urbaine » qui glisse vers une zone plus attractive sur le plan commercial : Ruscino et Perpignan.

          A l’origine, on avait sans doute une grosse citadelle à Ruscino et tout autour plein d’établissements commerciaux éparpillés. Ils ont été rassemblés sur un seul site de plaine entouré d’une grosse muraille donnant ainsi naissance à Perpignan entraînant le déclin de Ruscino. La citadelle générale du « pays » se trouvait sans doute à Castelnou.

          http://pyreneescatalanes.free.fr/Villages/Histoire/Ruscino.php
          http://pyreneescatalanes.free.fr/Villages/Histoire/Perpignan.php


          • Emile Mourey Emile Mourey 11 octobre 2015 17:06

            @Antenor

            Dans mon étude de la carte de Peutinger, je place la station de Ruscino à Perpignan même et non à Château-Roussillon, ce qui signifie que les voyageurs y faisaient étape et que la dite station portait le nom de la forteresse qui, elle, se trouvait bien à Château-Roussillon. Je suis un peu étonné qu’on n’ y ait pas trouvé de traces d’occupation antique.

            Je ne vois pas d’itinéraire passant par Castelnou, qui, d’ailleurs, n’est pas sur un itinéraire côtier.

          • fborion 19 octobre 2015 09:48

            Encore un magnifique travail, Monsieur Mourey. Vos articles, avec leurs nombreuses photos et illustrations, sont de haute qualité.

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