Retenons le concept : Le terme inutile ne qualifie pas la vie d’une personne mais l’acharnement thérapeutique.
Et allons plus loin : notre corps, notre esprit et notre vie nous appartiennent quoique prétendent les religieux, les moralistes et le pouvoir politique.
Et un peu plus loin : La survie coûte que coûte, jusqu’à la déchéance, l’indignité de la dépendance totale, est-elle si souhaitable pour nous même ?
Ne devrions-nous pas accepter de mourir lorsque le corps cède au temps. S’il est naturel de lutter contre les maladies exogènes, est-il naturel de lutter contre la fin de vie endogène et inéluctable ?
La mort viendra, nous le savons, c’est notre force et notre faiblesse à la fois. Nous vivons, notre esprit existe puis, la seconde suivante, nous sommes morts, nous ne sommes plus. Il ne reste qu’un corps. Pourquoi retarder à tout prix ce moment inévitable ? Pour quelle satisfaction ? Dans quel état psychique et physique ? Pourquoi prolonger notre agonie et notre angoisse ?
Vivons comme si nous de devions jamais mourir, comme des hommes dignes et responsables plutôt que de survivre, encore un peu, misérablement dans l’attente de l’inéluctable.
Ma dignité et ma liberté, c’est de choisir de mourir quand je jugerai le temps venu tant que je le peux encore. Dans ce domaine, personne n’a (ou ne devrait avoir) le pouvoir de s’opposer à ma volonté clairement exprimée.