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Commentaire de Luc-Laurent Salvador

sur La conspiration du Nouvel Age


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Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 11 octobre 2015 07:18

@alinea
 
Le désir de toute puissance, le désir de maîtrise, dans son acceptation ordinaire en psychologie, non, je ne le connais pas
 
Pourriez-vous envisager la possibilité que vous ne le (re)connaissiez pas ?
 
 ; mais cela ne fait pas de moi une victime,
 
C’est clair !
 
ce qui a fait de moi une victime, c’est ma différence.
Pour outrer le trait, je dirais que je suis une sorcière, celle qu’on brûlait jadis. Mais les sorcières de jadis qu’on brûlait, n’était que des femmes libres, qui connaissaient les plantes et, surtout, la nature humaine.
 
Nous y voilà ! Merci Alinéa. Vous nous offrez là une parfaite illustration de ce que j’expliquais précédemment et que vous avez refusé d’entendre : le fait que chacun construit pour son propre compte une emprise sur le monde qui lui donne satisfaction serait-ce dans la distance la plus grande qui soit au reste du genre humain. La sorcière, en effet, peut être vue comme une femme libre en ce sens qu’elle affirme sa volonté (d’emprise) et son refus de la soumission en ne se conformant pas aux normes du groupe et qui construit une telle connaissance de la nature et des humains (du monde quoi) qu’elle peut «  »« logiquement »«  » être crainte pour... ses pouvoirs !!! « Connaître c’est pouvoir » disait le philosophe anglais Francis Bacon. Si votre position peut être assimilée à celle d’une sorcière c’est que vous vous êtes construit une (votre) connaissance (de la nature et des hommes) et une (votre) emprise sur le monde (nature & hommes) plutôt à la marge du zoo humain.
Celui-ci, avec la bêtise propre aux groupes, cad, à la pensée grégaire, vous a jeté la pierre. Rien de surprenant. Vous lui échappez, il cherche à reprendre le contrôle. C’est une histoire vieille comme le monde et qui vérifie constamment le fait que chacun, pour son propre compte, cherche son pouvoir, son emprise sur son monde, celui qu’il a choisi parce qu’il maximise justement le sentiment de pouvoir.
 
Certains ont ce sentiment quand plus aucun humain n’est à l’entour. S’ils pensent ne pas être dans la volonté de puissance parce qu’il n’y a plus d’autre sur lequel exercer une emprise, c’est une erreur, une cécité liée à un besoin de se distancier (encore et toujours) de la vulgarité des volontés de puissances infantiles et crasses qui s’affichent de manière obscène à tous les niveaux de la société.
Loin d’être étranger à la volonté de puissance le sage la maximise dans la posture distanciée qu’il adopte exactement comme il est sage de se tenir à distance des tourbillons dans les rivières ou dans la mer parce qu’ils pourraient nous faire perdre le contrôle de notre trajectoire et nous mettre en danger. L’emprise sur le monde, de quelque manière qu’elle tente de s’affirmer est avant tout l’expression de notre besoin de sécurité, de stabilité.
 
Reich a écrit « le meurtre du christ », où il dit que le petit homme, tellement névrosé , veut tuer la vie, qui lui fait tant peur et dont il est jaloux.
 
Oui, le petit homme a peur et veut tout contrôler pour pouvoir, enfin, dire OUI à ce monde. C’est une stratégie pathologique (hormis pour bébé) car elle passe par une emprise sur l’autre.
 
Je maintiens que la volonté de puissance appartient au petit homme, l’homme libre, le sage, ignore totalement la volonté de puissance.
 
Encore une fois, là est l’erreur. Le sage dit tranquillement OUI au monde parce qu’il est toujours déjà en sécurité. Il ne craint rien. Comme Epictète, on peut le tuer, mai on ne peut lui nuire. Il a construit un sentiment de contrôle qui embrasse le monde entier. Et, singulièrement, c’est ce que nous faisons tous sans effort aucun lorsque notre attention étant entièrement dédiée à l’être avec lequel nous nous accouplons (de sorte qu’il/elle en vient à incarner notre monde), nous sommes capable de lui dire un grand OUI marqué par l’abandon et la conscience océanique qui caractérisent la « petit mort » (de l’égo) qu’est l’orgasme.
 
Bref, la recherche du contrôle, la volonté de puissance est partout, cad, aussi bien dans la voie folle de la maîtrise des autres que dans la voie non moins folle mais autrement porteuse d’espoir qu’est la maîtrise de soi qui va jusqu’à(u) (l’aban)don de soi. L’une et l’autre permettent de déclarer un OUI au monde qui traduit la correspondance entre nos attentes et la réalité. L’énorme différence entre le tyran et le sage étant que le premier ne dit OUI que dans les instants de triomphe (et encore, la peur de l’insurrection et du complot est toujours là) alors que le second dit OUI tout le temps à tout. L’un et l’autre ont des stratégies de recherche de contrôle mais on voit bien laquelle est la plus efficace. Seul le sage jouit de l’équanimité de celui qui est réellement en contrôle, celui dont le pouvoir sur le monde est inattaquable puisqu’il est adossé à une connaissance du monde qui, lui donnant pouvoir sur ce monde, lui permet de s’y abandonner complètement.
 
Il pourrait sembler intéressant de distinguer entre ces deux formes de pouvoir (le pouvoir anxieux du tyran ou du bébé et le pouvoir serein du sage) mais ce serait une grave erreur car cela ferait perdre de vue leur unité fondamentale liée à notre nature d’être en constante quête de contrôle ou d’emprise sur notre monde.


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