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Commentaire de Hervé Hum

sur Les raisons de l'effondrement financier


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Hervé Hum Hervé Hum 13 octobre 2015 11:39

L’auteur semble plein de bonne volonté et vouloir éveiller les lecteurs, mais malheureusement, n’échappe pas au mensonge sur la monnaie, il l’a reproduit tout en pensant la dénoncer.

Tout d’abord, il est faux de croire que la monnaie soit la cause des crises alors qu’elle n’en est que la conséquence. En effet, la monnaie est un outil qui dépend de son utilisateur et dans la société actuelle, cet outil est exclusivement pensé pour permettre l’accumulation du profit réalisé dans l’économie réelle. Autrement dit, de permettre la thésaurisation du profit réalisé sur l’exploitation des salariés. Le système capitaliste étant fondé exclusivement sur le profit, la monnaie ainsi thésaurisée doit avoir la même capacité à faire du profit, sans lequel le principe fondamental du système est vide et s’effondre. Mais la cause originelle n’est pas la monnaie, c’est la propriété des moyens de production et de son financement. Ainsi, le système pyramidal que l’article dénonce n’est pas lié directement aux intérêts monétaires, mais à la propriété des moyens de productions et de son financement qui n’ont de sens et d’intérêt que par sa capacité à produire une plus-value d’où est extrait le profit. La propriété engendre de fait, intrinsèquement, une pyramide de ponzy, qui reste soutenable, comme l’article le souligne pour le cas particulier de la monnaie, tant qu’il y a expansion économique d’une part et redistribution via les impôts. Sauf que le principe étant le profit, le système est toujours pris entre le marteau et l’enclume, c’est à dire, qu’il ne peut pas supprimer la pyramide lié au profit sans détruire le système, mais seulement ralentir sa progression via les impôts. Le système est donc condamné par sa propre dynamique et la seule solution qui a été employé jusqu’à présent,fut la guerre !

« Les dettes des uns sont les avoirs des autres ». NON, C’EST FAUX : quand on fait un crédit avec des intérêts, on crée mathématiquement plus de dettes que d’avoirs !

Non, la première affirmation est vrai, c’est la votre qui est fausse.

En effet, la monnaie est avant tout un contrat d’échange de valeur au porteur. Celui qui détient la monnaie possède la créance et celui qui ne dispose pas de monnaie est en dette systémique. De fait et contrairement à la croyance populaire que vous reproduisez ici, une personne est en dette non pas parce qu’il contracte un crédit, mais parce que ses ressources (physiques ou monétaire) sont inférieures à ses besoins. La différence, relativement subtile et qui explique qu’elle passe inaperçu des intéressés, c’est que le sens de la dette est inversée, celle ci n’est pas crée à fortiori, mais à priori. Autrement dit, je dois d’abord rembourser ma dette pour avoir accès au crédit (ici, le salaire ou aides). C’est seulement ce sens là qui impose aux « déficients monétaires » de travailler, les autres (l’exception) étant en créance systémique, n’ont aucune contrainte à travailler.

 Le cas particulier du crédit avec intérêt ne déroge pas à cette règle du simple fait que l’intérêt est aussi de la monnaie et donc en tant que telle, comporte la double partie « créance/dette ». Les intérêts ont augmenté la créance pour l’un et la dette pour l’autre ou plutôt, tous ceux qui sont en dette systémique.

La monnaie crée donc une créance et une dette systémique, et comme dit plus haut, ce n’est pas le problème, là aussi, la croyance populaire est fausse, le problème n’est pas la création monétaire par le crédit, mais bel et bien la création monétaire que vous appelez ici « sans contrepartie », celle qui est crée mais pas détruite. Cette monnaie faite pour être thésaurisée, donc, de permettre l’épargne du profit réalisé sur l’exploitation des salariés.

Enfin, si la monnaie sert effectivement aux échanges de marchandises, ce n’est pas réelle fonction, celle ci est « la mesure de la valeur du temps de vie dédié à autrui ou détenu sur autrui ». Autrement dit, la monnaie est l’unité de compte du temps de vie dédié où la voir comme moyen d’échange des marchandises permet de cacher la plus-value prise par le propriétaire ou aujourd’hui, les actionnaires (qui en fait sont ceux qui ne produisent aucune action de création).

Mais la seule « vrai » monnaie est la monnaie de crédit, la monnaie d’épargne étant de la fausse monnaie qui seule permet l’esclavage.

C’est la monnaie de crédit qui libère et la monnaie d’épargne qui enchaine. Faire croire le contraire est une des grandes réussite des banquiers faussaires et escrocs.

Dernière chose, la seule manière de réaliser un intérêt quelconque est dans l’économie réelle ! Là aussi, c’est un petit détail qui échappe à la majorité des gens, j’ai même l’impression que cela échappe aux spécialistes ou ils font semblant ! En effet, vous pouvez réaliser autant d’intérêts ou gains de spéculations monétaires, tant que vous ne les transformez pas en marchandises, ces intérêts restent tout aussi fictif que le papier ou les chiffres qui les représentent. Cela implique deux choses essentielles, limiter les intérêts des petits épargnants le plus possible et réserver ses réalisations aux biens rares et luxueux de manière à soutenir la valeur de la monnaie pour soutenir la valeur de ses propres intérêts.

Ensuite, on retrouve nombres d’éléments donnés dans l’article.



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