Vous avez raison de rappeler que les Français prompts à se poser en donneurs de leçons sur l’égalité, la solidarité, etc. sont les derniers à se montrer solidaires et aptes à adapter leur société déclinante au nouveau contexte politique et économique découlant d’une mondialisation accrue.
La solution serait d’accepter de revoir notre fameux « modèle social » devenu inefficace. Mais cela implique de changer les mentalités puisque toute réforme (je parle de réforme au sens de « progrès ») est vécue par chaque corporation comme autant d’atteintes à ses « avantages acquis », ceux-ci se posant en dogme chez une majorité de « citoyens ».
Etre citoyen signifie être solidaire et oeuvrer dans l’intérêt général. Or, depuis des années, ces Français qui se posent en défenseurs de l’égalité ne renonceraient pour rien au monde à leurs petits privilèges (je ne parle pas de donner plus aux « riches » et moins aux « pauvres », mais de faire un effort pour que la préservation de l’emploi ou de l’enrichissement des uns ne se fasse plus au détriment de ceux qui n’ont rien et dont, finalement, la majorité d’entre nous se désintéresse).
C’est bien là où le bât blesse : l’égalité oui, mais en conservant ses petits passe-droits (un sport national). D’où une régression psychologique aussi alarmante qu’incompatible avec le sens des responsabilités et des réalités qui devrait pourtant nous habiter.
On peut continuer à faire l’autruche et à faire semblant de penser qu’en ne changeant rien, la situation va finir par s’arranger toute seule. Ca s’appelle du déni de vérité... ou la pensée magique !
Jusqu’à quand va durer ce comportement infantile ? Jusqu’à quand les élus démagogues cacheront-ils la vérité sur la situation dangereuse dans laquelle cette régression mentale nous enfonce ? Jusqu’à quand les citoyens continueront-ils à tendre une oreille compatissante à leurs beaux mensonges ? La question est là.