@Saltz : ça se passe au Xe siècle, il ne faut pas faire d’anachronisme, il n’y avait pas de syndicats des clercs, ni d’opinion publique, ni bien sûr de journaux pour le relater. Ca ne s’est pas passé comme une réforme de quelque chose d’existant, ni comme une réforme qui touche tout le monde, ça ne concernait qu’un tout petit monde de savants qui étaient tous des religieux, s’intéressant à l’astrologie, puis ça a diffusé dans le clergé régulier (réseaux d’abbayes) et séculier (chapitres cathédraux), ça ne concernait que des clercs, les seuls qui pratiquaient l’écrit, qui tenaient des comptes. Pour les populations, il y avait une arithmétique pratique à l’usage de commerçants, des artisans ou des changeurs, et pour eux ça n’a rien changé, ils comptaient avec des bouliers, avec une grande dextérité, comme les Chinois, ils ne savaient pas écrire, leur système était duodécimal. Pour noter des quantités obtenues, ou plus exactement pour dénombrer, pour les inventaires, pour le fisc, on utilisait des entailles dans un bâton, ou sur un mur ; les chiffres romains sont un système d’abréviation de la notation par petits bâtons : I II III IIII IIII IIIII... IIIIIIIIII... IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII, consistant à les précompter selon un système décimal (nombre de fois 1£10 doigts). L’adoption des chiffres arabes et de la numération de position a été le début d’une arithmétique qu’on pourrait dire savante ou scientifique, elle a intégré le système décimal. Le Clergé était à ces époques la fonction publique dans tous les domaines de l’écrit :, c’était par le réseau des abbayes que les modes et les réformes se diffusaient : par exemple l’introduction de nouvelles plantes comme la carotte, listée dans le capitulaire de Charlesmagne « De villis », s’est faite dans toute l’Europe par le réseau des villas et des monastères.