@JL
Il me semble ici important de bien s’accorder sur le sens des mots que nous employons.
Il n’y a probablement pas de définition scientifique du chaos qui fasse consensus, dès lors le sens commun fera l’affaire.
Pour ce qui est du déterminisme, il ne faut plus penser au démon de Laplace et au critère de prédicibilité. Si j’ai bien compris, depuis les travaux de Poincaré, il n’est plus d’actualité. Le déterminisme se définit simplement par l’enchaînement des causes et des effets, cad, l’absence de variables aléatoires.
Le chaos déterminsite a été mis en évidence sur des systèmes avec un petit nombre de degrés de liberté dans lesquels on calcule tout et donc on détermine de manière certaine l’état du système, sauf qu’il reste malgré tout imprédictible en raison de la sensibilité aux conditions initiales (le fameux effet papillon) qui caractérise les systèmes chaotiques.
Pour l’idée que je m’en fais, le mot aléatoire désigne grosso modo l’ignorance dans laquelle nous sommes d’un grand nombre de facteurs intervenant dans la situation. Qu’est-ce qui fait que Newton se prend un pomme sur la poire ? Le hasard. C’est pratique mais ça ne renvoie à aucune réalité. C’est juste une manière d’appréhender une réalité extrêmement complexe dont il n’y a pas, par ailleurs, de raison de penser qu’elle ne soit pas déterministe au sens d’un enchaînement de causes et d’effets.
Je ne comprends pas votre argment sur les séries aléatoires. Je peux me tromper mais il me semble bien qu’on a des programmes informatiques qui créent des séries pseudo-aléatoires qu’on ne dit pas simplement aléatoires parce qu’on SAIT qu’on les a produites de manière déterministe mais que, sans ce savoir, on prendrait sans problème pour des séries aléatoires. L’aléatoire, c’est juste l’étiquette pour désigner un phénomène chaotique ou non dont le déterminisme nous échappe en tout ou partie.
Nous avons de bons outils pour gérer ça (probabilités etc.) mais ce ne sont que des outils qui ne prouvent pas l’existence au plan ontologique de quelque chose qui s’appelerait le hasard et qui réfuterait l’hypothèse d’un univers régi simplement par des enchaînement de causes et d’effets.
Je précise que je ne nie pas, pour ma part, que l’esprit puisse faire partie des causes. Je dis simplement ma « croyance » ou mon postulat d’un univers déterministe qui, en tant que tel, laisse toute la place qu’il faut au libre arbitre étant donné que nous sommes tous dans une formidable méconnaissance de ses conditions initiales et actuelles de sorte que nous pouvons constamment être surpris à tout moment par son devenir ou notre propre devenir.