« La compétition pourrait enterrer
définitivement un mythe né lors de la Coupe du monde 1998. »
Ce serait le moment. Il sent. A l’époque, il n’a pas tenu un
mois, au grand dam de ceux qui, médias en tête, dans la nuit du 12 au 13, avaient
enterré, eux, le Front national, qui ne se relèverait jamais, c’était gravé
dans le marbre, de cette mandale black-blanc-beur.
Tous ceux qui connaissent un tant soit peu la nature humaine
et la psychologie des foules, savaient que tout cela, c’était du superficiel de
chez superficiel. Les autres auraient pu se souvenir qu’une hirondelle ne fait
pas le printemps et que la vraie portée des événements se jugent sur la durée.
Patrick Devedjian n’avait pas ces prudences : « Il y en a un qui a vraiment l’air d’un con,
c’est Le Pen », claironnait-il dans Libération du 16 juillet 1998.
Sur quoi, un peu moins de quatre ans
après la victoire des Bleus, le « con » accédait au
deuxième tour de l’élection présidentielle, témoignant d’un enracinement
que le « mythe né lors de la Coupe
du monde 1998 », n’aurait jamais.
Quant au « vivre ensemble » - sauf à s’en tenir aux
conventionnels « Bonjour » , « Bonsoir »., « Fait pas
chaud aujourd’hui » -, personne ne s’est encore colleté avec la question
de savoir comment il peut fonctionner entre des communautés séparées par des codes
sociaux non seulement différents, mais encore incompatibles dans bien des cas, touchant,
bien sûr, à la commensalité, mais plus encore aux relations entre les hommes et
les femmes.