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Commentaire de Harry Stotte

sur « Connais-toi toi-même » : des conneries III La revanche de l'aliénation


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Harry Stotte Harry Stotte 6 novembre 2016 10:48

@epicure

« Où veux tu en venir ? »

A une autre vision du monde que celle des suffisants vaticinateurs des XVIIIe et XIXe siècle.

 « oauiii il y a des gens qui ont soif de pouvoir, on ne peut rien faire, il faut donc baisser les bras et se laisser aliéner » ?

Pas du tout. La nature humaine fait qu’il y a des personnalités dominantes et des personnalités dominées. Ça commence dans le couple, au sein de la famille, on en connaît même où c’est l’enfant qui est le dominant…

Au-delà, ça se vérifie évidemment à tous les niveaux et dans tous les domaines. Comme les choses sont malgré tout plutôt bien faites, les dominés sont beaucoup plus nombreux que les dominants.

« Sinon l’émancipation c’est la seule façon de se libérer de ces personnes. »

Concrètement, ça fonctionne comment ? Les moutons deviennent loups ? Ou on tue tous les loups ? Puis on tue au fur à mesure tous les présumés moutons qui se révèlent loups ? Et enfin, on isole le gène de la domination pour pouvoir supprimer à la naissance tous ceux, hommes et femmes, qui en sont porteurs ?

« Tu sais que si personne n’avait écouté hitler, bref s’était émancipé de ses discours, il n’y aurait jamais eu de guerre mondiale ? »

Pourquoi personne n’aurait écouté Hitler ? Pourquoi les gens se seraient-ils « émancipés » de ses discours puisqu’il leur disait des choses qu’ils avaient envie d’entendre ?

Pour la suite, j’ai des raisons de penser que la plupart des Allemands, et des Autrichiens, n’aient rien renié de leur adhésion, parce que je n’ai pas connaissance, - à la différence de ce qui a été observé en Italie, par exemple
- de vengeances personnelles, d’émeutes, de lynchages et de liquidations sommaires de cadres du parti, de gestapistes et de hauts fonctionnaires, dans le chaos favorable de l’effondrement du printemps 1945. 

« Tu crois que c’est en acceptant l’aliénation qu’on est resté dans une société féodale esclavagiste, etc.... ? »

Caricature ! Du sous-Boétie

Je ne crois pas à l’aliénation et pas davantage à l’émancipation. Ce sont des concepts artificiels qu’on enfile dans la tête des gens en leur faisant croire qu’on va les libérer et qu’ensuite ils seront heureux alors que, jusque-là, ils étaient malheureux. Ce dont ils ne s’étaient jamais avisés… 

Le symptôme le plus évident de la mort clinique de ces fictions, c’est que les discours qui les portent ne sont plus audibles pour ceux auxquels ils sont destinés, puisqu’ils sont beaucoup mieux informés que leurs aïeux, ignorants, gobeurs, et aspirant au collectivisme tyrannique.

« Tes propos ne mènent nulle part. »

Et les tiens ? Si ce n’est à perpétuer des théories nées à une époque où l’ennemi du révolutionnaire n’était pas l’ « esclavagiste » bourgeois, mais le patron qui offrait des conditions de vie décente à ses salariés. Cette vieille tantouze subversive à col de fourrure d’Oscar Wilde avait au moins le courage d’écrire implicitement que le patron qui faisait le plus de mal, c’était celui qui faisait le plus de bien (cf L’âme humaine sous le régime socialiste, 1906). Parce qu’il était, j’imagine, un obstacle quasi insurmontable sur le chemin de l’ « émancipation », cette frime dont les travailleurs respectés n’avaient – déjà - rien à cirer.

« C’est comme si à cause du fait qu’il y aura toujours des gens malades, on ne cherchait pas des remèdes qui guérissent. »

On en trouve dont les effets secondaires sont presque aussi perturbants que la maladie elle-même. Et puis, il y a des malades « imaginés » que d’habiles charlatans se targuent d’avoir guéris.

 


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