De quoi le libéralisme est-il le nom : « Engendrée sous la pression des milieux d’affaires, assemblée dans les couloirs de l’OMC, une formidable machine à détruire les services publics mondiaux entre en action : l’AGCS. Son objectif : libéraliser tous les services en supprimant un à un tous les obstacles au commerce. L’AGCS autorisera par exemple une multinationale à poursuivre pour concurrence déloyale une commune qui subventionne sa cantine scolaire ». Ou si elle refuse des aliments OGM ’’ Beaucoup d’eau ferrugineuse (1)est passée sous les ponts depuis la parution de cet ouvrage : « L’AGCS : quand les états abdiquent face aux multinationales » (Raoul M. Jennar et Laurence Kalafatidès) .
« Comment le système peut-il (dans ces conditions,) continuer ? Il continue parce qu’il bénéficie encore de modèles d’identification produits autrefois : le juge « intègre », le bureaucrate légaliste, l’ouvrier consciencieux, le parent responsable, l’instituteur qui sans plus aucune raison s’intéresse encore à son métier. Mais rien dans le système tel qu’il est, ne justifie les « valeurs » que ces personnages incarnent, qu’ils investissent et sont censés poursuivre dans leur activité. Pourquoi un juge devrait-il être intègre ? Pourquoi un instituteur devrait-il se faire suer avec les mioches au lieu de laisser passer le temps de sa classe, excepté le jour où l’inspecteur doit venir ? Pourquoi un ouvrier doit-il s’épuiser à visser les cent cinquantième écrous s’il peut tricher avec le contrôle ? Rien dans les significations capitalistes, dès le départ mais surtout telles qu’elles sont devenues maintenant, qui puisse donner une réponse à cette interrogation (2). Ce qui pose encore une fois à la longue, la question de la possibilité d’autoreproduction d’un tel système » Cornélius Castoriadis, cité par Serge Latouche :
Une excellente réponse à cette question que pose castoriadis est développée dans La thèse fondée sur les travaux de Marx et Spinoza de Frédéric Lordon : Pour Frédéric Lordon, nous sommes tous et à des degrés divers dans la servitude volontaire. et le nouveau clivage n’est plus entre droite et gauche mais se situe entre les esclaves tristes et les esclaves joyeux enrôlés de gré ou de force dans la machine productive dont la fonction première est la production de profits, mais à la manière d’un cancer qui produit des cellules à l’infini !
Il me semble que la différence de discours entre la gauche et la droite aujourd’hui c’est que le premier, qualifié de populiste, s’adresse aux esclaves tristes ; le second aux esclaves joyeux. Des deux, le second qui n’en est pas moins populiste mais s’en défend vigoureusement, constitue évidemment ce qu’il convient d’appeler la pensée unique ; le politiquement correct ; ce qui s’énonce haut et fort, avec arrogance. Bref, la nouvelle droite.
Il est triste de constater à l’issue de son mandat, que Hollande une fois élu n’a tenu qu’une seule promesse de campagne, la 18ème, je parle du mariage pour tous. Pour lme reste, il a laissé couler l’eau ferrugineuse.
(1) allusion au Talon de fer rongé par la rouille (réf. Jacques London, Serge Latouche)
(2) cf. les constructeurs d’automobiles qui trichent sur les performances. La publicité mensongère. Le règne des oxymores. etc. etc.