@Trelawney
Cela
démontre qu’en France il y a un vide juridique sur les lanceurs
d’alerte et qu’il n’est pas prêt d’être comblé
Pas
seulement avec les lanceurs d’alerte à mon avis.
Carnac
argue que le fait que les documents aient été dérobés suffit en
l’état du droit à ce qu’on ne puisse les utiliser au civil.
Mais
il y a vol et vol. Sans parler du vol de valeur qui relève de la
correctionnelle, il faut distinguer entre les différentes
appropriations d’informations.
Doivent
être condamnés en effet les vols d’informations qui sont utilisées
pour favoriser la concurrence, en particulier le vol de secrets
industriels, bien entendu.
En
revanche, le « vol » d’informations qui établit un délit ou
une contravention (la direction locale de l’Inspection du travail
commet une faute très grave en nouant des relations secrètes dans
un but de favoritisme récompensé donc, avec la direction d’une
entreprise qu’elle est chargée de contrôler quant au respect de la
loi) ne devrait pas être « sanctionnable », mais
éventuellement récompensé comme cela se passe avec les « aviseurs »
des douanes qui signalent des trafics illicites.
Je
trouve par exemple parfaitement scandaleux que des policiers qui lors
d’une perquisition découvrent dans des documents qu’un autre délit
que celui dont ils viennent chercher les preuves a été commis ne
puissent pas en faire état dans la procédure.
L’objet
de la justice répressive est de rechercher et sanctionner toutes les
contraventions, tous les délits et crimes s’ils sont avérés sans
avoir à connaître comment ils ont été connus (sauf par la torture
bien sûr !!!). Cela n’est pas le cas en l’état de notre
juridiction.
D’autre
part, il faudrait que le classement d’une plainte ne soit plus livré
à l’arbitraire d’une personne qui n’a pas été élue et dépend de
sa hiérarchie remontant jusqu’au ministère de la Justice, mais que
ce soit un collège comprenant des élus qui en décident, voire des
jurés, collège comprenant certes le procureur, professionnel et
expert, mais devenu indépendant tout comme les juges du siège et
d’instruction.
Un
changement aussi profond pour davantage de démocratie n’est bien sûr
envisageable que si la France connaît une révolution citoyenne ...