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Commentaire de Fanny

sur De la dictature à la fossilisation


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Fanny 23 février 2017 00:36

Je crois que toute société crée son élite et son idéologie dominante. Celle-ci n’est pas forcément liberticide. Les Etats-Unis, qui sont à la source de l’idéologie dominante qui gouverne nos élites et notre société ont maintenu leur 1er amendement en vigueur : c’est assez extraordinaire.

La France, qui apparaît chaque jour davantage comme une province de l’Etat-monde que sont les USA et leurs institutions économiques et militaires, n’a plus les moyens de résister aux effets les plus délétères de l’idéologie dominante. La répression des idées y est plus forte qu’au centre, et la souveraineté plus érodée.

Au-delà de ces considérations sur l’indépendance qu’un pays peut maintenir, peut se permettre vis à vis de l’idéologie dominante se pose la question centrale : où nous conduit cette idéologie ? Est-elle aimable, nous rend-t-elle heureux ? Car une « success idéologie » qui rend les gens heureux peut supporter une répression forte contre les dissidents, et cela avec bonne conscience : « pas de liberté pour les ennemis de la « liberté » »

Les avis sont partagés. Une partie de la population s’accommode  assez bien des pressions de l’idéologie dominante. Les nouvelles lois sociétales sont plutôt approuvées. Les nouvelles technologies de la communication agissent comme une drogue : elles sont perçues comme résultant des nouvelles technologies, inventées dans le cadre de cette idéologie dominante qui ressort comme étant la locomotive scientifique et technologique planétaire.

Ce sont les effets collatéraux de cette idéologie mondialiste (globaliste comme disent les Anglo-saxons) qui passent mal : une part non négligeable des sociétés développées décroche économiquement. Les grands déplacements de populations déstabilisent les néo-sédentaires (ceux dont les grands parents étaient des paysans enracinés dans les provinces françaises il y a un siècle, et qui se sont aujourd’hui fixés à la grande périphérie des méga-agglomérations).

La théorie du genre ? la dévirilisation ? Les lois mémorielles ? La judiciarisation ? Je crois que les gens s’en fichet un peu, quand ils ne trouvent pas que c’est plutôt cool, voire super (« normal d’interdire de critiquer des minorités »). Tout juste s’inquiètent-ils de constater qu’une fille agressée dans le bus par une bande de jeunes n’éveille aucune réaction : les gens baissent la tête.

Le thermomètre, c’est Marine. Quand un sondage révèle ve que Marine pourrait faire 44% au second tour, on comprend que la colère monte. La colère car ces électeurs ne pensent sans doute pas que Marine va apporter le bien-être et la prospérité à chacun : ils n’en peuvent plus, tout simplement.

Et ce sont les effets collatéraux, économiques et migratoires qu’ils ne supportent plus, d’abord et avant tout, car il y a recul comparé au passé, et incertitude quant à l’avenir, quant à l’unité de la société. La pression idéologique pré-totalitaire est mieux tolérée (cf. la grenouille dans une casserole d’eau qui se réchauffe).

Le pacte entre l’élite et la classe laborieuse, qui tenait bien tant que le niveau de vie augmentait et que l’environnement (au sens large) n’était pas bouleversé, est en train de se rompre. Sauve qui peut ! Et Bayrou s’allia à Macron (bien que ce dernier fut qualifié par le premier comme étant le porte parole de l’argent), tant la situation paraît « grave ».

Quant à l’avenir de cet « homme nouveau » conformé à l’idéologie dominante, je suis pessimiste. A chaque fois qu’on a voulu changer l’homme, cela s’est terminé dans un bain de sang.

 


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