@Fifi Brind_acier
Pour ce qui est de défendre le programme du CNR, je préfère me fier à l’original : le communiste Pierre Villon qui en fut le principal rédacteur et les communistes qui ont pesé de tout le poids que leur conférait leur action dans la Résistance en arme ( et avant 1944) pour imposer des mesures sociales.
La légitimité de la lutte de la Résistance tient beaucoup dans son caractère de lutte des classes, face à l’Occupant pilleur de la richesse produite.
La caractéristique de cette guerre, c’est que face aux visées nazies, ce qui l’a emporté sur le terrain est la Résistance de classe ou ce qui s’y alliait
En Yougoslavie, il y eut un gouvernement provisoire à Londres, opposé à l’Occupation nazie, soutenu par les Anglais, et pourtant ce ne fut pas ce gouvernement qui triompha le 8 mai ; pourquoi ? Parce que son caractère de classe le poussa à préférer se compromettre avec les nazis face à Tito , ce qui le rendit inacceptable même à Londres, qui dut lâcher ce gouvernement en exil.
Donc entre deux mouvements de résistance, il n’y a pas équivalence, et pour être légitime, celui-ci doit nécessairement être à visée de transformation sociale . ( on voit bien comment les mouvements nationalistes accèdent à l’Indépendance, mais limitent le progrès social en réprimant les autres mouvements). Durant la seconde guerre mondiale, c’était aussi un enjeu : il ne s’agissait pas que de se débarrasser de l’Occupant en tant que puissance étrangère, mais aussi instrument d’oppression sociale qui dit faire face à des grèves,d’ailleurs.
Et si en France la Résistance triompha, c’est du à l’unité d’un certain nombre de mouvements de résistance, pas tous, incluant le PCF.
De Gaulle a eu cette intelligence de s’allier à des adversaires de classe, au lieu de les combattre comme ailleurs. C’est ce que lui pardonnèrent pas les Etats-unis.
Pour en revenir à l’UPR : lorsque l’UPR crache sur le PRCF, il ne peut plus se réclamer du CNR, car l’esprit du CNR est de faire valoir avant un programme social, je dirais, avant même la question de l’UE et de l’Euro. Mais ce sont deux corollaires obligés, car avec l’Euro et l’UE, un programme social est tout bonnement inconcevable : imagine-t-on le CNR fonder son programme en empruntant auprès de la Dresdner Bank ? C’est la même chose avec la BCE, mais pour une finalité sociale.