« L’homme peut gouverner ses désirs, ses passions par la raison et la réflexion. »
On le constate effectivement tous les jours.
Juif lui aussi, Trotski voyait les choses bien différemment. Il remettait cela à plus tard, à beaucoup plus tard :
L’homme
devenu libre cherchera à atteindre un meilleur équilibre dans le fonctionnement
de ses organes et un développement plus harmonieux de ses tissus ; il tiendra
ainsi la peur de la mort dans les limites d’une réaction rationnelle de
l’organisme devant le danger. Il n’y a pas de doute, en effet, que le manque
d’harmonie anatomique et physiologique, l’extrême disproportion dans le
développement de ses organes ou l’utilisation de ses tissus, donnent à son
instinct de vie cette crainte morbide, hystérique, de la mort, laquelle crainte
nourrit à son tour les humiliantes et stupides fantaisies sur l’au-delà.
L’homme s’efforcera de commander à ses propres sentiments, d’élever ses
instincts à la hauteur du conscient et de les rendre transparents, de diriger
sa volonté dans les ténèbres de l’inconscient. Par là, il se haussera à un
niveau plus élevé et créera un type biologique et social supérieur, un
surhomme, si vous voulez.
On l’attend évidemment toujours. Hitler aurait bien voulu, il n’a pas eu le temps.
Dans l’Eloge de la fuite, Henri Laborit écrit :
La sensation fallacieuse de liberté s’explique du fait que ce qui
conditionne notre action est généralement du domaine de l’inconscient, et que
par contre le discours logique est, lui, du domaine du conscient. C’est ce
discours qui nous permet de croire au libre choix. Mais comment un choix
pourrait-il être libre alors que nous sommes inconscients des motifs de notre
choix, et comment pourrions-nous croire à l’existence de l’inconscient puisque
celui-ci est par définition inconscient ?
Spinoza apparaît bien vieilli, tout d’un coup... Mais toujours plus rassurant pour l’humaine fatuité.