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Commentaire de Ar zen

sur Quand les souverainistes font du Tsipras sur l'Europe


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Legestr glaz Ar zen 6 octobre 2017 18:35

@Fergus
En déplaçant le gouvernail vers des autorités supranationales indépendantes, à Bruxelles, Francfort, Genève et Strasbourg, la démocratie a basculé. Il y a manifestement devant nous bien autre chose qu’un simple « déficit démocratique », expression piégée comme sait les fabriquer le système. Avec cette formule en trompe-l’œil, répétée sur le mode de la dénonciation incantatoire, une doxa européenne a pu faire, par la négative, de la légitimité démocratique de l’Union et de son droit un postulat indiscutable : en concédant une insuffisance, on présuppose l’existence du tout. Un « déficit », au moins, peut-il être comblé. En l’espèce, on jure la main sur le cœur que le système doit corriger absolument son « déficit » de légitimité et ce, généralement, en accélérant sa marche unificatrice et le transfert de compétences au profit d’organes technocratiques. En fait, l’unification supranationale européenne semble constituer l’achèvement du programme démocratique lui-même, sa destination finale. Débarrassé de la nation, son enveloppe charnelle, et du politique – lieu de formation de la conscience et de la souveraineté collectives – donc du dèmos, notre régime européen d’intégration marquera l’achèvement, au double sens du terme – accomplissement et terminaison – du cycle démocratique, un achèvement annoncé de Platon à Tocqueville.


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